Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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Briser la nature et révéler la Providence - 5

La matsa : sortir d’Égypte, sortir du temps

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David Trauttman
août 25, 2026
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VI

Ceci correspond à l’aspect de la consommation de matsa et de l’interdiction du ‘hamets1. La matsa représente le Da’at (la connaissance divine), l’aspect des Mo’hin de-Gadlut2, l’aspect de la Providence divine — qui constitue l’essence même du Da’at. Tandis que le ‘hamets incarne les Mokhin de-Qatnout, l’aspect de Elohim, qui est l’attribut du jugement, comme il est enseigné dans les Kavanot3. Cela correspond à la hokhmat ha-teva, d’où proviennent principalement les jugements et les souffrances, à Dieu ne plaise, comme expliqué plus haut. En effet, le mot « Teva » (nature) a pour valeur numérique Elohim, comme il est connu4, et c’est de là que provient l’emprise des jugements, comme nous l’avons vu.

Le ‘hamets correspond à ce que dit le verset (Téhilim 73:21) : « Quand mon cœur s’aigrissait… »5, qui se rapporte aux questions et aux doutes qui assaillent l’homme à propos de la conduite du Saint, béni soit-Il. Cela relève de la hokhmat ha-teva, d’où émanent tous les reniements et toutes les interrogations. En revanche, la matsa incarne le Da’at, la foi en la Providence divine, qui constitue l’essence même du Da’at, comme expliqué plus haut.

En effet, le nom même de matsa (מצה) est lié à la sortie précipitée d’Égypte6, lorsque la pâte de nos ancêtres n’eut pas le temps de lever avant que ne se révèle à eux le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il, et qu’Il les délivre, comme il est dit (Chemot 12:39) : « Ils firent de la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte, des gâteaux azymes, car elle n’avait pas fermenté parce que, repoussés de l’Égypte, ils n’avaient pu attendre et ne s’étaient pas munis d’autres provisions. » C’est que leur foi en la Providence divine était telle qu’ils n’avaient pas préparé de provisions, et ils partirent avec empressement. On voit donc que la matsa symbolise le Da’at, la foi en la Providence divine.

Cela correspond à l’essence même de la grandeur du Da’at (la connaissance), lorsqu’on mérite la révélation de la Divinité, pour voir et savoir que tout est dirigé exclusivement par Sa Providence, béni soit-Il. Cela s’exprime dans l’aspect du hippazon (précipitation), car le hippazon représente ce qui est au-delà du temps : Il [Hachem] a sauté par-dessus la fin du délai et les a fait sortir avec une grande hâte, sans aucun délai, en un instant, en un moment si bref que, de Raamsès à Soukkot, ils se rassemblèrent ensemble, six cent mille personnes, depuis toute la terre d’Égypte — ainsi que l’explique Rachi sur le verset (Exode 19:4) : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigles »7. Tout cela exprime l’aspect du dépassement du temps, c’est-à-dire qu’Il les a élevés au-dessus du temps — qui est l’essence même de la Providence, au-delà de la nature et du temps. Par cela, ils sortirent sans aucun délai, sans aucune préparation, seulement en un court instant, car l’essence de la délivrance a eu lieu par la révélation de la Providence, laquelle est au-delà du temps, l’aspect du hippazon.

En effet, le hippazon est lié à la zerizout (diligence, empressement), qui est une qualité extrêmement précieuse, une expression de la foi, un aspect qui annule le sommeil issu de la paresse, ainsi qu’il est dit (Proverbes 19:15) : « La paresse fait tomber dans la torpeur », et comme cela est enseigné ailleurs dans les enseignements de Rabbénou (Liqouté Moharan I, §6), où il est expliqué que la zerizout est un aspect de la foi, voir là-bas.

C’est aussi l’aspect du souvenir (zikharon), comme il est dit (Exode 13:3): « Qu’on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis d’Égypte »8, et également (Deutéronome 16:3): « Il faut que tu te souviennes tous les jours de ta vie, du jour où tu as quitté le pays d’Égypte »9. En effet, il est enseigné dans les paroles de Rabbénou à la fin de la leçon « Et ce sont les ordonnances » (Liqouté Moharan I, §7), qui traite de la foi, que le souvenir est un aspect de la foi, car l’oubli provient principalement de la dimension du temps. Lorsqu’on sait et qu’on croit véritablement que tout est dirigé uniquement par la Providence de Dieu, qui est au-delà du temps, alors il n’y a plus d’oubli du tout, etc., voir là-bas et approfondis.

Cela correspond à l’aspect du souvenir mentionné au sujet de la sortie d’Égypte, « Souviens-toi de ce jour… afin que tu te souviennes… », car lors de la sortie d’Égypte, Sa Providence fut révélée, comme expliqué plus haut. Cela constitue l’aspect du souvenir au-delà du temps et de la nature, l’aspect du hippazon, de la zerizout, qui ranime les facultés intellectuelles et la conscience, car leur vitalité provient essentiellement du fait de savoir et de croire en la Providence divine. C’est cela l’aspect de la matsa, ainsi appelée en raison du hippazon, etc., comme expliqué plus haut.

VII

Cela correspond à l’aspect du Chabbat haGadol, nom donné au Chabbat qui précède Pessa’h, appelé ainsi en raison du miracle, etc. L’essence des miracles et des prodiges qui eurent lieu lors de la sortie d’Égypte — lorsqu’Hachem bouleversa les ordres célestes, annula la nature et révéla Sa Providence dans le monde — tout cela provient de l’aspect du Chabbat, qui est le Olam haBa (le monde futur), entièrement Chabbat10. C’est de là qu’Hachem attire — pour ainsi dire — Sa Providence depuis les confins du monde, à l’aspect de ketz ba ha-ketz (« la fin est venue »), comme expliqué là-bas dans l’enseignement précédent.

Il en ressort que l’essence de la sortie d’Égypte est issue de l’aspect du Chabbat, qui représente le monde à venir. C’est pourquoi Pessa’h lui-même est aussi appelé « Chabbat », comme il est dit (Lévitique 23:15) : « Vous compterez depuis le lendemain du Chabbat »11, c’est-à-dire depuis Pessa’h, comme l’ont enseigné nos Sages (Menahot 65b). En effet, la force du miracle de Pessa’h puise son origine dans le Chabbat, comme expliqué plus haut.

C’est cela le sens du Chabbat qui précède Pessa’h, qu’on appelle Chabbat haGadol (« le Grand Chabbat »), en référence au miracle, car tous les miracles de la sortie d’Égypte proviennent de l’aspect du Chabbat, comme mentionné. C’est la raison pour laquelle il est appelé Gadol, en allusion aux miracles qualifiés de « grands », comme il est dit (II Rois 8:4) : « Raconte-moi, je te prie, les grandes choses qu’a faites Élisha »12, comme l’a écrit Rabbénou dans l’enseignement cité précédemment à propos de ce verset : « Et Il verse deux larmes dans la mer immense ». Vois là-bas.

(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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