I
À propos de netilat yadayim après le sommeil, à la lumière de la Torah1 « Lorsque tu sortiras pour la guerre » (Liqouté Moharan II, Siman 82) — voir là-bas toute la Torah.
Le principe pour notre propos est le suivant : il existe une dimension de késéder (ordre) et de chélo késéder (désordre), correspondant à ce que dit le verset : « Tu me serres de près derrière et devant, et Tu poses sur moi Ta main » (Psaumes 139:5)2, c’est-à-dire les aspects de Adam et de ‘Hava, de aleph-bet à tav-shin-rech-kouf3. Adam représente le Nom de Havayé4 écrit en plénitude avec des alephs5, dont la guématria est 45 (MaH)6, ce qui correspond à la notion de késéder7, à l’antériorité (kédem), à l’ordre des lettres aleph-bet8. ‘Hava, en revanche, correspond à la parole9, au verset « La nuit transmet la connaissance »10 (Psaumes 19:3), à la royauté (Malkhout), à la bouche11 — et au désordre des lettres tashrak (ordre inversé)12, qui est la dimension de achor (arrière).
C’est pourquoi, lorsqu’une personne voit que [dans sa vie] les choses ne se déroulent pas d’une façon ordonnée, cela découle de la dimension de chélo késéder mentionnée plus haut, du fait qu’elle sépare le désordre de l’ordre. La racine de cette défectuosité (pgam) vient de l’importance que la personne s’accorde à elle-même — autrement dit, de la place qu’elle donne à son ego. Lorsqu’une personne dit : « Moi je régnerai », elle s’approprie la dimension de ‘Hava–Malkhout pour elle-même, la séparant du Saint Béni Soit-Il. Dès lors, cette dimension n’est plus dans sa plénitude, car sa vitalité dépend de MaH — c’est-à-dire de l’intellect, qui incarne l’ordre.
En vérité, tout n’atteint sa plénitude que lorsqu’il est uni et relié à Hachem — car alors, les êtres reçoivent de Lui une vitalité complète. Cette vitalité, ce sont les mo‘hin (forces intellectuelles), la ‘Hokhmah (sagesse), « Ko’aH MaH » (le pouvoir de MaH), qui est la source de la vie, comme il est dit : « La sagesse donne vie » (Ecclésiaste 7:12), ou encore : « Qu’est-ce que notre vie ? Quelle est notre force ? »13 (MaH ‘hayénou ma ko’hénou) — et MaH, c’est Adam.
Il en résulte que la dimension de ‘Hava–Malkhout, lorsqu’elle est rattachée à Adam, à la dimension de MaH — c’est-à-dire au Saint Béni Soit-Il — atteint alors la perfection. C’est le sens du verset : « À l’Éternel appartient la terre et tout ce qu’elle contient »14 (Psaumes 24:1). Alors, tout va dans l’ordre pour la personne. Car « là où le masculin est présent, le féminin s’efface. »15 (Zohar, ‘Houkat 123a).
Ainsi, la dimension de ‘Hava dans le désordre est annulée par Adam dans l’ordre. La dimension d’ordre est désignée par la lettre youd, car Malkhout, désignée par la lettre dalet, « n’a rien d’elle-même », et c’est Dieu qui lui transmet la vitalité de la sagesse, désignée par le youd. Ce qui forme le mot : youd-vav-dalet — Youd16.
Lorsqu’une personne voit que dans sa vie tout va de travers, qu’elle sache que cela vient de la place trop importante qu’elle accorde à son ego, ce qui correspond au concept de « Moi je régnerai ».
C’est le sens du verset : « « Tu me serres de près derrière et devant, et Tu poses sur moi Ta main (kapékha) » (Psaumes 139:5). Ne lis pas kapékha (ta main), mais kafékha — kaf, valeur numérique de youd17. Mais lorsque l’on sépare le dalet (Malkhout) pour soi, et qu’on cherche à attirer pour soi-même la vitalité à partir d’elle, alors tout devient désordonné. Dès lors, tout ce que la personne fait est dans le désordre, car elle est plongée dans la dimension du désordre, dans la Malkhout–‘Hava sous la forme de tashrak.
Ainsi, lorsqu’une personne voit que dans sa vie tout va de travers, qu’elle sache que cela vient de la place trop importante qu’elle accorde à son ego, ce qui correspond au concept de « Moi je régnerai ». Elle devra alors faire techouva et retrouver l’humilité, et devenir MaH, comme il est dit : « Mais nous, que sommes-nous ? » (Exode 16:7). Ainsi, ‘Hava reviendra à Adam, à la dimension de MaH, et les choses se remettront en ordre.
Le principal de la techouva se fait au mois d’éloul, etc. — voir là-bas toute l’explication.
II
C’est cela la dimension de netilat yadayim (ablution des mains) du matin, lorsqu’on se réveille. Car le jour et la nuit sont eux-mêmes les aspects de Adam et ‘Hava, d’ordre et de désordre, comme il a été vu plus haut. La lumière du jour correspond à Adam, qui représente la ‘hokhmah (sagesse), car la lumière est elle-même une expression de la sagesse et de la connaissance — comme l’ont expliqué les propos de Rabbénou, ailleurs (leçon 37), et comme il est écrit : « La sagesse est supérieure à la folie autant que la lumière… »18 (Ecclésiaste 2:13).
La nuit, en revanche, correspond à ‘Hava–Malkhout, comme dans le verset : « La nuit transmet la connaissance » (Psaumes 19:3). Comme cela est expliqué dans le Zohar haQadosh et rappelé plus haut dans les lois du lever du matin (halakha 3), durant la nuit, les portails du Gan ‘Eden sont fermés — ce qui correspond au retrait de la conscience — et le monde est alors conduit par la Matronita, qui est la Malkhout, comme nous l’avons vu. C’est pourquoi la nuit, le jugement domine, comme expliqué dans le Zohar haQadosh.
En effet, tous les jugements émanent de cette dimension de chélo késéder (désordre), qui donne naissance à toutes les souffrances, à Dieu ne plaise — car elles viennent précisément de ce qui est contraire à la volonté de l’homme, c’est-à-dire de ce qui est dans le désordre. Le chélo késéder est l’obscurité de la nuit, comme une personne marchant dans le noir : elle avance sans ordre, sans pouvoir discerner le chemin droit. Alors, elle peut trébucher sur une pierre ou autre. Mais à la lumière du jour, on voit clairement le chemin, et on marche dans l’ordre. Il en résulte que le jour et la nuit sont les aspects de l’ordre et du désordre, d’Adam et ‘Hava.
(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 3, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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