La nuit de la foi - 3
Dormir dans la foi, se lever dans la connaissance
Article précédent : Réveiller l’aube au cœur de l’obscurité
Le sommeil pendant la nuit correspond à l’aspect du retrait de la connaissance (da’at). En effet, au moment du sommeil, l’intellect se retire pour s’intégrer dans la foi, où il se renouvelle, comme il est dit : « Elles se renouvellent chaque matin, infinie est Ta bienveillance »1 (Lamentations 3:23). Cela est expliqué dans les enseignements de notre maître, de mémoire bénie, dans la leçon « Heureux le peuple… » (Liqouté Moharan I, leçon 35). Consultez ce passage pour davantage de détails.
Lorsque l’obscurité de la nuit domine, accompagnée des forces d’impureté (kélipot), de l’hérésie (kefirot) et des questions irrésolubles – ces éléments correspondant à l’aspect de l’obscurité –, il devient nécessaire de recourir au sommeil. Le sommeil agit comme une réparation et un apaisement pour l’intellect, car dans ces moments, il est essentiel de mettre de côté toute réflexion (da’at), ce qui correspond à l’aspect du sommeil, défini comme le retrait de la connaissance. Dans cet état, on doit s’appuyer uniquement sur la foi.
Ce processus incarne principalement l’aspect du sommeil : mettre complètement de côté la connaissance et s’appuyer uniquement sur l’émouna. Cela correspond à l’acceptation du joug de la Royauté céleste (‘Ol Malkhout Shamayim), que l’on prend sur soi avant de s’endormir, notamment à travers la récitation du Chema‘ avant le coucher. Cette récitation exprime la foi dans l’Unité divine (émounat haï’houd)2.
Pendant le sommeil, l’intellect se retire pour s’intégrer dans la foi, répondant ainsi aux questions insolubles, lesquelles reflètent l’intensité de l’obscurité de la nuit. Dans ces moments, il devient nécessaire de mettre de côté toute réflexion, dans l’aspect même du sommeil, et de s’appuyer uniquement sur l’émouna.
III
Se lever à minuit correspond à un aspect spirituel essentiel. Bien que le sommeil constitue une grande réparation pour l’intellect, permettant son renouvellement à travers la foi, comme mentionné précédemment, il reste néanmoins crucial de veiller à se lever à ‘hatsot au cours de la nuit.
La nuit, caractérisée par l’obscurité et l’absence de connaissance (da’at), est divisée en deux parties : la première moitié et la seconde moitié, comme il est enseigné (Zohar Lekh Lekha 92b)3.
Ces deux parties correspondent aux deux types de questions évoqués précédemment. Durant la première moitié de la nuit, l’obscurité et la rigueur (din) atteignent leur apogée. En effet, à ce moment, l’obscurité est alimentée par des questions qui demeurent sans réponse, représentant ainsi l’intensité maximale de l’obscurité, car elles ne peuvent être résolues.
Pour cette raison, il est alors nécessaire de dormir, ce qui symbolise un retrait de la connaissance (da’at). À ce moment, il faut mettre entièrement de côté l’intellect et s’appuyer exclusivement sur l’émouna, ce qui correspond à l’aspect du sommeil, comme expliqué précédemment.
Se lever à ‘hatsot et s’engager alors dans l’étude de la Torah permet d’attirer la connaissance.
Cependant, à minuit (‘hatsot layla), la rigueur (din) commence à s’adoucir. Les questions évoquées plus haut se retirent alors de l’intellect (da’at). À ce moment précis, il devient impératif de se lever pour s’engager dans l’étude de la Torah et dans le Service divin. Par ces actes, on attire la connaissance (da’at), on ouvre les chemins de la réflexion, et on mérite ainsi une compréhension claire, permettant de résoudre et d’assimiler les réponses aux questions pour lesquelles une explication est possible, comme mentionné précédemment.
C’est cela (Psaumes 119:62) : « Au milieu de la nuit, je me lève pour Te rendre grâce, à cause de Tes jugements équitables » – « à cause de Tes jugements équitables » précisément. Se lever à ‘hatsot pour s’engager dans l’étude de la Torah, afin d’attirer la connaissance (da’at), comme mentionné précédemment, correspond à l’étude des posqim évoquée plus haut. Par cette étude, on attire la connaissance permettant de résoudre les questions pour lesquelles une réponse est possible. Ce mérite découle de l’engagement dans l’étude de la Torah à ‘hatsot, comme expliqué plus haut.
Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Beshalah 57b) et dans les paroles de notre maître, de mémoire bénie (Liqouté Moharan, leçon 149), se lever à ‘hatsot et s’engager alors dans l’étude de la Torah permet d’attirer la connaissance. En effet, comme mentionné précédemment, à ‘hatsot, durant la seconde moitié de la nuit, la rigueur (din) est adoucie. L’obscurité ne provient alors que des questions pour lesquelles il est possible de trouver une réponse, bien que les chemins de la connaissance (da’at) soient obstrués. Cela correspond à l’obscurité de la nuit4.
C’est pourquoi, à ce moment précis, il est nécessaire de s’engager dans l’étude de la Torah afin d’ouvrir les chemins de la connaissance (da’at), pour mériter une compréhension complète dans la lumière du jour. Cet effort permet d’élever et de perfectionner la foi jusqu’à l’aube, moment où elle atteint sa plénitude, comme il est dit : « Elle se manifeste au matin ». Cela correspond à l’aspect : « qu’il soit celui qui réveille l’aube », comme mentionné plus haut.
IV
C’est cela qui est mentionné dans le Choul’han Aroukh : « “Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur” (Psaumes 16:8). Ceci est un principe fondamental de la Torah, car la manière dont une personne s’assied, ses mouvements, etc., ne sont pas comparables lorsqu’elle est consciente de la Présence divine », comme cela est expliqué dans le Choul’han Aroukh.
Cela signifie qu’il faut savoir et croire que « toute la terre est remplie de Sa gloire » (Isaïe 6:3)5 et qu’Il se tient constamment devant nous. Nous sommes toujours en présence du Roi des rois, le Saint, béni soit-Il. On mérite d’atteindre cette conscience en éveillant l’aube, par le fait de se lever à ‘hatsot. Par cela, on attire la connaissance (da’at), comme mentionné précédemment, jusqu’à parvenir à une compréhension parfaite que « toute la terre est remplie de Sa gloire », comme cela est expliqué en détail dans l’enseignement précité.
C’est pourquoi il est écrit dans le Choul’han Aroukh : « Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur, etc. », ce qui signifie qu’il faut savoir que « toute la terre est remplie de Sa gloire » (Isaïe 6:3). Cela est lié à l’éveil de l’aube, car ces deux concepts sont interdépendants, comme mentionné précédemment. On mérite de parvenir à une connaissance complète, avec un cœur entier, que « toute la terre est remplie de Sa gloire », grâce à la connaissance attirée par le fait de se lever à minuit, ce qui correspond à l’étude des posqim. Cela est en lien avec le verset : « Au milieu de la nuit, je me lève pour Te rendre grâce, à cause de Tes jugements équitables » (Psaumes 119:62), comme mentionné plus haut.
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