La nuit de la foi - 4
La prière commence avant les mots
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C’est cela : « pour Te rendre grâce », en lien avec : « Je Te rendrai grâce en toute droiture de cœur, en m’instruisant des règles de Ta justice » (Psaumes 119:7), comme il est expliqué dans l’enseignement mentionné plus haut. Cela est mérité grâce au fait de se lever à ‘hatsot, comme mentionné précédemment.
Se lever à minuit constitue l’essentiel de l’éveil de l’aube mentionné dans le Choul’han Aroukh. L’essentiel est de se lever à ‘hatsot. Même celui qui ne peut se lever à minuit, s’il fait l’effort, malgré tout, de se lever avant le lever du jour1 pour s’engager dans l’étude de la Torah et dans le Service divin, ouvre ainsi les chemins de la réflexion, etc., selon son niveau et son service. Grâce à cela, il mérite de parvenir à une connaissance complète, avec un cœur entier, que « toute la terre est remplie de Sa gloire », car les questions mentionnées plus haut disparaissent, comme expliqué précédemment.
C’est pourquoi il est immédiatement mentionné après cela : « Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur », ce qui signifie : savoir que « toute la terre est remplie de Sa gloire », car ces deux aspects sont interdépendants, comme mentionné plus haut.
L’essentiel de l’éveil de l’aube est destiné à la réparation de la prière2, afin de mériter de prier la prière de Shaharit avec une grande concentration et un cœur entier.
Grâce à l’éveil de l’aube, lorsqu’on s’engage alors dans l’étude de la Torah et dans le Service divin, les chemins de la connaissance (da’at) s’ouvrent, permettant d’annuler les questions et l’hérésie. Par cela, on mérite d’atteindre une connaissance parfaite que « toute la terre est remplie de Sa gloire », ce qui correspond à l’idée : « Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur, etc. », comme mentionné plus haut.
Grâce à cette compréhension – savoir, avec un cœur entier, que « toute la terre est remplie de Sa gloire » –, on mérite de prier avec une grande concentration. Car lorsqu’une personne sait que l’Éternel, béni soit-Il, se tient devant elle pendant la prière, qu’Il écoute, prête attention et considère chaque mot qui sort de sa bouche, alors elle priera avec un grand enthousiasme et veillera soigneusement à exprimer ses paroles avec concentration (kavana), comme expliqué plus haut.
Cela ne ressemble en rien à la situation actuelle, où beaucoup parmi le peuple transgressent et boivent avant la prière, au point que cela est devenu permis à leurs yeux.
Cette connaissance, avec un cœur entier, que « toute la terre est remplie de Sa gloire », on la mérite grâce au fait de se lever à ‘hatsot, qui correspond à l’éveil de l’aube, comme mentionné précédemment. Il s’avère que se lever à minuit est propice à la prière avec concentration (kavana). De même, il est expliqué dans les Kavanot du Arizal3 que se lever à ‘hatsot constitue une réparation (tikoun) et une préparation pour la prière.
V
C’est pourquoi il est interdit de manger avant la prière (Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm, chapitre 89, paragraphe 3). Dans le Zohar (Vayakhel 215b) et dans les écrits (voir Maguen Avraham 89:14 au nom de Rabbi ‘Haïm Vital), on est extrêmement strict à ce sujet, stipulant que même lorsqu’on se lève à ‘hatsot, il est interdit de manger ou de boire avant la prière. Toute personne qui mange ou boit à ce moment-là est considérée comme un devin ou un augure, à Dieu ne plaise4. Consultez ces sources pour plus de détails.
Cela ne ressemble en rien à la situation actuelle, où beaucoup parmi le peuple transgressent et boivent avant la prière, au point que cela est devenu permis à leurs yeux. Ils s’appuient sur de grands justes qui, étant gravement malades, buvaient avant la prière parce qu’ils y étaient contraints. Mais eux, tels des singes imitant les actions des hommes, se courbent après eux et remplissent leur ventre en buvant du café avant la prière. On trouve même certains qui mangent également avant la prière. Malheur à eux ! Malheur à leur âme ! C’est une interdiction extrêmement grave, comme expliqué dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie (Berakhot 10 a), et en particulier dans le saint Zohar et dans les écrits.
Nous ne devons pas nous comparer à de grands justes qui possédaient une force spirituelle différente, en particulier lorsqu’ils étaient gravement malades. De plus, la plupart des justes ne se comportaient pas ainsi. Rabbénou HaQadoch5 a raconté qu’il n’avait jamais bu même de l’eau avant la prière, bien que, selon la loi du Choul’han Aroukh, il soit permis de boire de l’eau. Malgré cela, il ne buvait pas même de l’eau avant la prière (cf. Si’hot HaRan, 277).
Revenons à notre sujet : selon ce qui a été expliqué plus haut, on comprend quelque peu la raison de l’interdiction de manger et de boire avant la prière.
Il est expliqué dans la Torah mentionnée6 précédemment que la réparation de l’émouna s’effectue par l’élévation des étincelles du langage, et que cela peut être mérité par le biais du jeûne, etc. En effet, à travers le désir pour la nourriture et la boisson, les forces d’impureté, qui sont assimilées aux princes de Pharaon, prennent de l’emprise7. Ces forces attirent le langage vers la dimension du resserrement de la gorge (métzar ha-garone), empêchant ainsi de pouvoir exprimer aucun mot devant le Saint Béni Soit-Il, etc8.
La réparation de cela réside dans le jeûne. En se privant de nourriture, on attire ainsi les eaux de la bonté (maïmei ha’hassadim) pour humidifier le resserrement de la gorge9, afin d’accomplir le verset : « Crie à plein gosier, ne te ménage point !... »10 (Isaïe 58:1). Par cela, la foi est corrigée dans sa perfection, etc., comme cela est expliqué là-bas en détail. Consultez cette source pour davantage d’éclaircissements.
C’est pourquoi il est interdit de manger et de boire avant la prière, car il faut se priver de nourriture avant de prier. Cela correspond à l’idée du jeûne temporaire, où chaque jour on se prive et on s’impose une forme de jeûne avant la prière11. Par cela, on attire une lumière issue de l’aspect du jeûne, pour s’attacher à l’arrière de la Sainteté, afin de libérer le langage du resserrement de la gorge, dans le but d’orner la foi sacrée, qui se renouvelle chaque matin. Ainsi, on peut mériter d’exprimer les paroles de la prière dans leur perfection.
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