Liqouté Halakhot

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Le fil de bonté et le chant futur

Du vêtement à la foi parfaite : le secret des tsitsit

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David Trauttman
mars 01, 2026
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Les tsitsit correspondent à la dimension de la harpe de David, ainsi qu’il est rapporté dans le saint Zohar et dans les Tiqounim (Tiqoun 10). C’est ce que désigne le verset (Isaïe 24:16) : « Du bout de la terre, nous avons entendu des chants »1 (mi-kanaf ha-arets zmirot sham‘anou) – « du bout de la terre » faisant précisément allusion aux « coins » (kanafot) des tsitsit. C’est de là que proviennent tous les chants et les mélodies, conformément à la dimension de « nous avons entendu des chants ».

Car les fils des tsitsit reprennent en eux le secret déjà évoqué : ils sont le fil de bonté sur lequel se jouera le chant évoqué précédemment. De là se répandent toutes les mélodies et tous les cantiques – car même les chants, les louanges et les mélodies que nous connaissons aujourd’hui s’abreuvent déjà à la source de ce chant futur, qui sera joué sur le fil des soixante-douze cordes mentionnées, correspondant au fil des tsitsit.

Tel est le sens de la couleur téchelet dans les tsitsit – car le téchelet correspond au « trône du jugement » (koursaya de-dina), ainsi qu’il est écrit dans le saint Zohar2. En effet, la racine du fil de bonté mentionné plus haut – qui est la dimension de la voix et du chant futur, et qui correspond au fil des tsitsit – prend sa source dans la prière, dans la dimension du jugement du détenteur de la force spirituelle (ba‘al koach)3, comme cela a été expliqué dans la Torah citée plus haut. C’est là le secret du téchelet des tsitsit, expression du trône du jugement, dimension de la prière, aspect de ce jugement, d’où procède l’essence même des tsitsit – lesquelles sont, comme on l’a dit, la manifestation du fil de bonté.

Les chants, les louanges et les mélodies que nous connaissons aujourd’hui s’abreuvent déjà à la source de ce chant futur, qui sera joué sur le fil des soixante-douze cordes mentionnées, correspondant au fil des tsitsit.

Cela correspond au verset (Proverbes 31:25) : « Force et splendeur sont ses vêtements, et elle sourit au jour à venir ». « Force et splendeur sont ses vêtements » – c’est la dimension des tsitsit, qui se prolongent par la prière dans la dimension du jugement4, appelé « bâton de force » (maté ‘oz), par lequel s’élève et se magnifie la gloire et la splendeur d’Hachem, ainsi qu’il est écrit dans ce même verset5. Ainsi, « Force et splendeur sont ses vêtements » désigne les tsitsit, et par cela : « Elle sourit au jour à venir », allusion au chant futur qui se réveillera au Jour dernier – alors « se remplira notre bouche de rire et notre langue de chant » (Psaume 126:2). Ce chant-là est l’essence des tsitsit.

C’est pourquoi, grâce aux tsitsit – dimension de « force et splendeur sont ses vêtements » – on mérite de « sourire au jour à venir », car on accède au chant futur, dimension de rire et de joie. Cela correspond aussi au verset (Psaume 93:1) : « Hachem règne, Il est revêtu de majesté, Hachem s’est revêtu de force… »6 – « revêtu de force » étant la dimension des tsitsit, qui se prolongent par le « bâton de force » mentionné. Mais la lumière essentielle de ce vêtement ne se révélera qu’à l’avenir, lors de la manifestation de Sa Royauté – comme il est dit : « Hachem règne, Il est revêtu de majesté, Hachem s’est revêtu de force » – car alors, dans le règne à venir, ce chant se réveillera, dimension de « vêtement de force », dimension des tsitsit, dimension du fil de bonté précédemment évoqué.

L’essentiel de la mitsva des tsitsit consiste à réparer (spirituellement) les vêtements. En effet, la racine des tsitsit – qui correspond à la dimension du chant évoquée plus haut, celle du fil de bonté – procède de la prière dans la dimension du jugement, comme expliqué précédemment. Par cette prière, on mérite l’esprit de prophétie ; par là, on répare et on clarifie le pouvoir de l’imagination (ha-medamé) ; par là encore, on accède à une foi parfaite7.

Et c’est précisément par la foi que se révèle le renouvellement de la Création8. Car le renouvellement du monde ne peut être saisi par l’intellect : il ne peut être compris que par la foi seule. Et par cette foi, le renouvellement du monde se manifestera pleinement dans l’avenir. Alors s’éveillera ce chant – un chant de merveilles – qui correspond au fil de bonté évoqué plus haut, lequel constitue la racine même des tsitsit, comme expliqué.

C’est pourquoi, par ce fil – à savoir les fils des tsitsit – dont la racine provient de la clarification et de la réparation de l’imagination, on répare les vêtements et les habits. Car tous les vêtements et les habits tirent leur origine de la faculté imaginative, qui constitue le vêtement de l’intellect. De même que l’homme peut se faire passer pour un autre en changeant de vêtements, au point de tromper ceux qui le voient et qu’ils ne le reconnaissent plus, de même l’imagination peut tromper l’intellect : elle peut transformer un raisonnement fondé sur la vérité en une logique mensongère, jusqu’à ce que l’on ne reconnaisse plus la vérité essentielle de l’intellect authentique.

Car lorsque l’imagination n’est pas clarifiée, elle revêt et dissimule l’intellect, au point que l’on ne perçoit plus l’essence même de l’intellect véritable. En effet, l’imagination est le vêtement de l’intellect, comme expliqué. C’est pourquoi il faut déployer un immense effort pour clarifier l’imagination : car la perfection de la foi sainte dépend essentiellement de cette clarification, ainsi que cela est expliqué en détail dans l’enseignement mentionné plus haut.

C’est pourquoi il faut s’efforcer avec une grande intensité de rechercher et de demander à Hachem, béni soit-Il, le mérite de se rapprocher d’un Tsadiq véritable, doté de l’esprit saint, afin de mériter par lui une foi parfaite, qui est le fondement de tout. Car la clarification essentielle de l’imagination – par laquelle on accède à une foi parfaite – s’opère par la dimension de l’esprit saint, l’esprit de prophétie, comme il est écrit là-bas.

Et tout cela procède de la prière dans la dimension du jugement, telle qu’elle est accomplie par le maître de la force spirituelle, comme cela est expliqué dans ce passage. Lorsqu’on mérite la clarification de l’imagination, par laquelle on accède à la foi, on mérite alors ce chant de bonté évoqué plus haut, d’où proviennent les tsitsit. C’est pourquoi on attache les tsitsit aux vêtements, afin de réparer les vêtements : car les vêtements relèvent précisément de la faculté imaginative, qui est le vêtement de l’intellect, comme nous l’avons expliqué.

(Ora’h ‘Haïm, Hilkhot Tsitsit, Halakha 5 du Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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