Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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Briser la nature et révéler la Providence - 2

Élever les mains au-dessus de la nature

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David Trauttman
août 16, 2026
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Il faut croire avec une foi totale que tout est dirigé uniquement par la Providence divine, et que la nature n’a aucune réalité en soi. C’est cela, la réparation du sommeil par la foi. Pendant le sommeil, il faut entrer dans cet état d’émouna, s’appuyer uniquement sur la foi, puisque le Da’at s’est retiré. De même dans l’exil : tant que le Da’at n’est pas révélé dans sa plénitude, pour reconnaître clairement que tout est Providence divine, il faut s’appuyer uniquement sur la foi, comme il est dit (Téhilim 92:3) : « … et Ta foi durant les nuits »1. Et puisque durant la nuit, au moment du sommeil, le Da’at s’est retiré, et que la sagesse de la nature se renforce — ce qui représente l’obscurité, comme nous l’avons dit — cela correspond à ce que vécut Avraham (Bereshit 15:12) : « Une torpeur s’empara d’Abram : tandis qu’une angoisse sombre profonde pesait sur lui… »2, où Dieu lui montra la puissance de l’exil.

C’est-à-dire qu’au moment du sommeil et de la torpeur, lorsque le Da’at se retire, la force des exils se renforce, car leur vitalité provient de la domination de la nature, comme nous l’avons dit. C’est la Sitra D’mesa’ava (le côté impur)3 qui réside sur l’homme pendant son sommeil. C’est pourquoi, dès qu’on se réveille, il faut aussitôt se laver les mains avec de l’eau, car l’impureté réside principalement sur les mains de l’homme, comme l’enseigne le Zohar haQadosh (ibid.). Les mains correspondent à l’aspect du Ciel — feu et eau — la main droite et la main gauche4, selon ce qui est dit : « J’élèverai mes mains vers les cieux » (Devarim 32:40), comme Rabbénou l’a expliqué ailleurs (Liqouté Moharan, §56).

C’est là que se situe l’essentiel de la prise de pouvoir de la Sitra A’hara (le côté de l’impureté) : dans l’aspect de la ‘hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles)5, qui correspond aux mains. En effet, ces personnes attribuent les événements à l’organisation céleste, laquelle est symbolisée par les mains6. C’est pourquoi la force de la Sitra A’hara est particulièrement grande durant le sommeil, car le sommeil correspond à l’aspect de la nature. Cette prise de pouvoir s’exerce principalement à travers les mains, comme cela a été expliqué. En effet, les mains contiennent vingt-huit articulations, correspondant aux vingt-huit lettres de l’acte de la Création par lesquelles les cieux et la terre furent créés, selon l’aspect du verset (Isaïe 48:13) : « Ma main a fondé la terre, et Ma droite a étendu les cieux. »7 C’est pourquoi l’essentiel de la soumission de la Sitra A’hara, c’est-à-dire des idolâtres de ce monde et de la ‘hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles) d’où ils tirent leur force, ne peut se faire que par des mains de sainteté, lorsqu’on mérite de les élever vers le Da’at (la connaissance).

Tout a été créé par Hachem à travers ces vingt-huit lettres, et c’est par Sa Providence qu’Il fait vivre et subsister les cieux et toutes leurs armées, la terre et tout ce qu’elle contient.

C’est l’aspect du verset (Exode 17:11) : « Or, tant que Moïse levait ses mains, Israël l’emportait, et lorsqu’il les baissait… »8, verset qui fut dit lors de la guerre contre Amalek. Amalek est l’archétype de tous les idolâtres et de la Sitra A’hara, comme il est dit : « Amalek était le premier des peuples » (Nombres 24:20)9. Amalek niait le principe fondamental (de la Providence divine) et attribuait tout à la nature, à Dieu ne plaise. Ils observaient les heures à l’aide de leur astrologie, comme l’explique Rachi10. Ceci est également expliqué dans les enseignements de Rabbénou, de mémoire bénie.

C’est pourquoi l’essentiel de la soumission d’Amalek se fait par l’élévation des mains : on élève les mains, composées de vingt-huit articulations, vers la tête — selon l’aspect de « Élevez vos mains en sainteté »11 (Téhilim 134:2). Cela signifie qu’on élève les mains, avec leurs vingt-huit articulations, vers le Da’at (connaissance) afin de reconnaître que tout est dirigé par la Providence du Saint, béni soit-Il. Car Dieu a tout créé par les vingt-huit lettres de l’acte de la Création, qui correspondent aux vingt-huit articulations, comme mentionné plus haut. Ainsi, on élève l’aspect des cieux — qui est aussi celui des mains — vers leur racine dans le Da’at, lié aux vingt-huit lettres de la Création. En effet, tout a été créé par Hachem à travers ces vingt-huit lettres, et c’est par Sa Providence qu’Il fait vivre et subsister les cieux et toutes leurs armées, la terre et tout ce qu’elle contient. Il n’existe aucune nature ni système céleste indépendant12. Dès lors, Amalek et la Sitra A’hara (côté de l’impureté) sont soumis, comme évoqué plus haut.

C’est cela le sens du verset (Exode 17:12) : « Et ses mains restèrent [dans] l’émouna (foi) jusqu’au coucher du soleil »13, car l’essentiel de la soumission d’Amalek se fait par la foi dans la Providence divine. Cette foi est activée par l’élévation des mains, comme expliqué ci-dessus. C’est pourquoi, pendant le sommeil — qui correspond au retrait du Da’at —, la force de la nature14 prédomine, à Dieu ne plaise, et alors la Sitra A’hara réside sur l’homme. Son emprise se manifeste principalement dans les mains, comme expliqué. Ainsi, dès le réveil, il faut se laver les mains avec de l’eau, qui représente les « eaux du Da’at », les eaux de la bonté (‘Hessed), selon l’aspect du verset (Isaïe 11:9) : « La terre sera remplie de la connaissance d’Hachem comme les eaux recouvrent la mer. »15 Par cette ablution, on attire une eau pure issue du Da’at, provenant du monde futur (Alma de’ate), dans lequel la terre sera remplie de Da’at comme les eaux recouvrent la mer. Alors, tous sauront que tout est dirigé uniquement par la Providence divine, car la nature sera totalement annulée. Même à notre époque, chaque fois qu’une délivrance16 ou une purification est nécessaire pour échapper à la force de la Sitra A’hara, dont la vitalité provient de la ‘hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles), il faut attirer sur soi la Providence divine depuis les confins du monde — comme cela a été expliqué dans l’enseignement précédent.

(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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