Briser la nature et révéler la Providence - 3
Fermer les yeux au monde pour les ouvrir à la Providence
Article précédent : Élever les mains au-dessus de la nature
Cela correspond aux eaux de Netilat Yadaïm (ablution des mains), par lesquelles on attire les « eaux du Da’at », issues des confins du monde, selon l’aspect du Alma de’ate (le monde à venir), où « la terre sera remplie de la connaissance d’Hachem » (Isaïe 11:9), etc. C’est également l’aspect du miqvé, qui correspond au Alma de’ate, comme il est connu — car [le mot] miqvé a pour valeur numérique 1511, ce qui correspond à Bina2, elle-même liée au monde futur, comme enseigné ailleurs. C’est ce que dit le verset (Jérémie 14:8) : « Espoir (Miqvé) d’Israël, Hachem, son Sauveur au temps de la détresse. »3 En effet, toutes les souffrances et les épreuves viennent uniquement d’un manque de Da’at, et de l’influence de la ‘hokhmat ha-teva, comme mentionné plus haut — c’est-à-dire du fait qu’on ne sait plus, à Dieu ne plaise, que tout est dirigé par la Providence divine, et c’est cela l’essence même de l’impureté.
C’est pourquoi la délivrance des épreuves et la purification de l’impureté s’accomplissent par le biais du miqvé, qui représente le Alma de’ate, les eaux du Da’at, selon l’aspect : « la terre sera remplie de la connaissance comme les eaux recouvrent la mer » (ibid.). Car en entrant dans le miqvé et en fermant les yeux à la vision de ce monde — c’est-à-dire en se détachant de la perception matérielle —, on s’enveloppe dans les eaux du miqvé, aspect des eaux du Da’at, du Alma de’ate. Par ce biais, on s’intègre à l’aspect du Da’at, c’est-à-dire à la Providence divine, car on ferme les yeux à la vision de ce monde où l’erreur de la ‘hokhmat ha-teva prédomine. C’est cette erreur qui cause toutes les souffrances et toutes les impuretés. Par cette erreur, les yeux sont abîmés, car leur racine et leur vitalité viennent des « Yeux d’Hachem », c’est-à-dire de la Providence divine, comme expliqué dans l’enseignement précédent. Et lorsqu’on chute hors du Da’at et qu’on en vient à croire qu’il existe une nature autonome, à Dieu ne plaise… C’est cela l’altération des yeux — et c’est de là que viennent toutes les souffrances, comme expliqué plus haut.
C’est pourquoi il faut complètement fermer les yeux à la vision de ce monde et se fondre, se dissimuler dans le miqvé, qui correspond au Da’at (connaissance) du Alma de’ate (le monde futur), dans lequel la Providence divine sera pleinement révélée et où la nature sera totalement annulée. Par ce biais, on attire la hachgaha (Providence divine) depuis les confins du monde, dans l’aspect du miqvé, et l’on reçoit ainsi la délivrance nécessaire, selon l’aspect du verset : « Espoir (Miqvé) d’Israël, Hachem, son Sauveur au temps de la détresse » (Jérémie 14:8). Cela correspond à l’ablution matinale (Netilat Yadaïm), qui attire des eaux pures, issues de l’aspect du miqvé, et par cela, on purifie ses mains, qui correspondent aux 28 articulations (ko’aḥ peraqin), liées aux 28 lettres de l’œuvre de la Création (Maassé Bereshit). Car la principale atteinte provoquée par la ‘hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles), qui se renforce durant le sommeil, la nuit et l’obscurité, touche précisément les mains — comme expliqué plus haut — car cette sagesse altère les 28 lettres mentionnées, et fait dépendre les choses de l’influence astrale, à Dieu ne plaise. C’est cela l’aspect de l’impureté qui s’attache aux mains précisément au moment du retrait du Da’at, c’est-à-dire durant le sommeil. C’est pourquoi on les purifie avec les eaux du Da’at, issues de l’aspect du Alma de’ate, comme expliqué plus haut.
II
C’est pourquoi, avant l’ablution des mains, il est interdit de toucher avec ses mains les sept orifices de la tête : les deux yeux, les deux narines, la bouche et les deux oreilles (Shoul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 4:3). En effet, ces sept ouvertures sont liées à l’aspect du Da’at, comme l’a expliqué Rabbénou ailleurs (Liqouté Moharan I, §21). Ces sept orifices de la tête correspondent à ce que dit le verset (Zekharia 4:10) : « Ces sept-là sont les yeux d’Hachem, qui parcourent toute la terre »4, ce qui représente le Da’at, l’aspect de la Providence divine (hashgaha).
C’est pourquoi il faut se lever à Hatsot (au milieu de la nuit) pour briser le sommeil, pour briser l’aspect de l’obscurité et de la nuit, qui représente la puissance de l’exil, comparé à la nuit.
C’est pourquoi il est interdit de les toucher avec les mains avant l’ablution, afin de ne pas détériorer ce Da’at sacré, cette conscience de la Providence divine, à cause de l’impureté attachée aux mains pendant le sommeil, comme expliqué plus haut. En effet, la souillure de la hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles) s’attache aux mains durant le sommeil. C’est aussi la raison pour laquelle la domination de la hokhmat ha-teva, qui ne considère que l’organisation des cieux, s’exerce principalement la nuit, car on appelle ces personnes des « astrologues », des « voyants des étoiles ». Cette hokhmat ha-teva correspond à l’obscurité de la nuit, car la véritable lumière est la Providence divine du Saint, béni soit-Il, comme nous l’avons vu.
III
C’est pourquoi il faut se lever à Hatsot (au milieu de la nuit) pour briser le sommeil, pour briser l’aspect de l’obscurité et de la nuit, qui représente la puissance de l’exil, comparé à la nuit — c’est-à-dire la hokhmat ha-teva, qui est la source principale de l’exil et de l’obscurité, comme expliqué plus haut. Chacun au sein du peuple d’Israël doit donc se réveiller à Hatsot, afin de briser et d’annuler la hokhmat ha-teva en brisant le sommeil, comme on l’a dit plus haut. Ainsi, lorsqu’on se lève à Hatsot, on se lamente alors sur l’exil, car Israël est exilé de sa terre. En effet, la racine même de l’exil vient de la hokhmat ha-teva, qui correspond à la nuit et au sommeil, comme mentionné plus haut. C’est pourquoi ce moment est propice pour réparer cela.
(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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