Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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Briser la nature et révéler la Providence - 8

Traverser la mer, traverser le doute

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David Trauttman
sept. 06, 2026
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XIII

La traversée de la mer des Joncs correspond à ce que Rabbénou, de mémoire bénie, a enseigné dans le discours mentionné plus haut, à propos de ce verset : « Et Il verse deux larmes dans la mer immense ». Cela signifie qu’Il attire la Providence divine pour soumettre les idolâtres, lesquels sont associés à l’aspect de la mer, comme il est écrit (Isaïe 57:20) : « Les réchaïm (méchants) sont comme la mer agitée »1. C’est alors que des miracles et des merveilles se produisent, correspondant à l’aspect de « gadol » (grand), comme il est dit (II Rois 8:4) : « Raconte-moi, je te prie, les grandes choses qu’a faites Élisha », comme l’explique Rabbénou là-bas.

Cela correspond à la traversée de la mer des Joncs, moment où la Providence divine se révéla de façon exceptionnelle, comme mentionné. C’est précisément par cette Providence qu’eut lieu le miracle, en ce que la Providence s’étendit jusque dans l’aspect de la mer — symbole des idolâtres — ce qui permit l’ouverture de la mer.

La traversée de la mer des Joncs comporte donc deux dimensions, qui ne font en réalité qu’une, car l’une dépend de l’autre : l’ouverture de la mer symbolise aussi l’ouverture de la mer supérieure de la sagesse, ce qui entraîna la révélation du Da’at, aspect de la Providence. Car tel est l’essence du Da’at, comme expliqué plus haut. C’est par cela même que s’ouvrit la mer d’en bas, allusion aux idolâtres du monde, comparés à une mer agitée : ils furent fendus, brisés, annulés, et Israël traversa la mer à pied sec. Les eaux — c’est-à-dire les idolâtres — ne purent dominer Israël, du fait que la Providence divine s’était révélée, comme il est dit : « Et Il verse deux larmes dans la mer immense ».

(Pharaon s’était renforcé grâce aux deux lettres mem et youd, qui forment le mot yam — mer — c’est pourquoi il déclara : « Qui est Hachem pour que j’écoute Sa voix ? » (Exode 5:2), comme l’expliquent les écrits du Ari zal)2.

C’est pourquoi l’essence même de sa soumission fut la révélation de la Providence à travers la traversée de la mer des Joncs, selon l’aspect de : « Et Il verse deux larmes dans la mer immense », c’est-à-dire : Il attire Sa Providence jusque dans la mer immense, comme mentionné.

XIV

Cela correspond à la question du fils, car la mitsva veut que ce soit le fils qui pose la question : Ma nishtana ha-layla hazé mikol ha-leilot ? (« En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? »). En effet, la nuit de Pessa’h, il faut justement poser des questions du type Ma nishtana, afin d’y répondre par : « Avadim hayinu… » (« Nous étions esclaves… »), c’est-à-dire : Hashem a accompli pour nous des miracles et a révélé Sa Providence dans le monde3.

C’est pourquoi il faut poser précisément les questions de Ma nishtana lors du soir de Pessa’h : par cette question, on annule toutes les interrogations des rationalistes qui proviennent de la hokhmat ha-teva.

C’est précisément par cette question de Ma nishtana qu’on soumet, qu’on annule et qu’on résout toutes les interrogations issues de la hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles). Car, grâce à cette question, on révèle la Providence divine, comme expliqué plus haut.

C’est pourquoi il faut poser précisément les questions de Ma nishtana lors du soir de Pessa’h : par cette question, on annule toutes les interrogations des rationalistes qui proviennent de la hokhmat ha-teva. Car cette question déclenche la révélation de la Providence, ce qui entraîne l’annulation totale de leurs doutes.

C’est aussi pour cela que la Torah parle de quatre fils posant des questions de type Ma nishtana. En effet, les quatre fils correspondent aux quatre royaumes, comme il est enseigné4. Car tous ces royaumes — qui englobent l’ensemble des exils — tirent leur puissance de la hokhmat ha-teva, comme expliqué dans le passage précédent. Tous sont soumis et annulés par les questions des quatre fils, qui entraînent la révélation de la Providence, et, par cela, l’annulation des quatre royaumes, symboles de tous les exils.

Ainsi, Ma nishtana ha-layla hazé signifie : pourquoi y a-t-il une telle révélation de la Providence divine précisément cette nuit — allusion aux exils et à la domination de la nature ? La réponse est : « Avadim hayinu… » — nous étions esclaves, et nous n’aurions jamais pu en sortir autrement que par une révélation éclatante de la Providence divine. Il était alors nécessaire d’annuler complètement la nature.

C’est pourquoi le miracle s’est produit précisément de nuit, afin de soumettre les forces du mal à leur racine même, et de transformer la nuit en jour. En effet, la nature fut entièrement annulée, et la nuit se transforma en lumière, comme il est dit (Psaume 139:12) : « La nuit est lumineuse comme le jour. »

Telle est l’essence du miracle : que la nature, aspect de la nuit, fut totalement annulée — c’est pourquoi le miracle eut lieu précisément la nuit, comme nous l’avons vu.

(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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