Article précédent : Quand la nuit elle-même devient lumière
Le Saint, béni soit-Il, gouverne la nature selon Sa volonté. Lorsque l’on croit et l’on sait que tout est Providence, que même la nature n’est que Sa direction, alors le feu lui-même est inclus dans la sainteté. C’est cela la bénédiction « Créateur des lumières du feu » que nous récitons à la sortie du Chabbat, en reconnaissant que tout vient du Saint, béni soit-Il, y compris le feu et la nature elle-même. Ainsi, tout est inclus dans la sainteté, et cela constitue la réparation de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, comme mentionné plus haut. Alors, par cela même, le mal s’effondre dans l’aspect de « Ils sont sortis du feu, et le feu les dévorera. » Car leur principale emprise provient du feu, symbole de la nature. Lorsque l’on reconnaît que même le feu — symbole de la nature — provient du Saint, béni soit-Il, alors les forces négatives perdent leur emprise. C’est cela l’aspect de la destruction du ‘hamets par le feu : à ce moment se dévoile la Providence du Saint, béni soit-Il, et l’on reconnaît que tout vient de Lui, y compris la nature et le feu. Ainsi, le ‘hamets — qui symbolise la hokhmat ha-teva (la croyance en l’autonomie des lois naturelles), et l’emprise des idolâtres — est soumis et anéanti par sa propre racine : le feu lui-même. Comme il est dit : « Ils sont sortis du feu, et le feu les dévorera. »
XII
C’est pourquoi, durant toute l’année, le ‘hamets est permis, mais à Pessa’h, on doit manger uniquement de la matsa, tandis que le ‘hamets est strictement interdit — même dans une quantité infime. En effet, à Pessa’h, qui correspond à la sortie d’Égypte, nous devons consommer uniquement de la matsa, qui représente l’aspect de la Providence divine, tandis que le ‘hamets, qui incarne l’aspect de la nature, doit alors être totalement éliminé, sans qu’il soit ni vu ni trouvé.
Car en vérité, même la nature elle-même est aussi gouvernée par la Providence de Dieu, comme expliqué plus haut. Toutefois, puisque Pharaon et les Égyptiens avaient alors pris un pouvoir immense et renié Dieu, comme il est dit : « Qui est Hachem… ? »1 (Exode 5:2), il était alors impossible de sortir d’Égypte si ce n’est par une révélation très forte de la Providence, comme cela se produisit lors de la sortie d’Égypte, quand Dieu manifesta Sa Providence dans le monde de manière extrêmement éclatante, à travers des prodiges et des signes redoutables.
Grâce à la grande révélation de la Providence, nous savons désormais que même la nature elle-même est en vérité gouvernée par la Providence de Dieu, car c’est Hashem qui a tout créé et qui dirige tout selon Sa volonté.
C’est pour cela qu’à Pessa’h, il nous est demandé de manger uniquement de la matsa et non du ‘hamets, qui représente la nature, uniquement de la matsa, symbole de la Providence. À cause de la dureté de l’exil en Égypte — lequel englobe tous les exils — il était impossible d’en sortir autrement que par une révélation totale de la Providence. L’aspect de la nature, qui est représenté par le ‘hamets, doit alors être complètement anéanti, sans qu’il soit vu ni trouvé, car c’est par l’aspect de la nature que les forces du mal peuvent prendre le dessus, et il serait alors impossible d’en être délivré en raison de la force extrême de leur emprise, qui était à l’époque très puissante sur Israël.
Cependant, lorsque l’on mange la matsa, symbole de la Providence, pendant sept jours, alors il devient ensuite permis de consommer du ‘hamets. Car dès lors que nous sommes déjà sortis d’Égypte et que la connaissance de la Providence s’est révélée à travers la consommation de la matsa, on peut ensuite consommer le ‘hamets, aspect de la nature. En effet, grâce à la grande révélation de la Providence, nous savons désormais que même la nature elle-même est en vérité gouvernée par la Providence de Dieu, car c’est Hashem qui a tout créé et qui dirige tout selon Sa volonté. C’est pourquoi il est permis de consommer du ‘hamets après Pessa’h.
Mais au début, lors de la sortie d’Égypte, il était absolument interdit de manger du ‘hamets, car à ce moment-là, en raison de la puissance de son emprise, il était interdit de mentionner la nature sous peine de renforcer son emprise et de rendre la rédemption impossible, à Dieu ne plaise. Mais ensuite, une fois que nous sommes sortis d’Égypte et que la Providence s’est révélée, nous savons que même le ‘hamets — symbole de la nature — est lui aussi inclus dans la Providence divine ; c’est la raison pour laquelle il est permis après Pessa’h.
C’est ce que dit le Zohar haQadosh : « Une fois que nous avons reçu la matsa, qui est un remède, on peut ensuite consommer le ‘hamets »2 — c’est-à-dire que, comme expliqué plus haut, une fois que la Providence s’est révélée, on peut aussi consommer le ‘hamets, car la conscience s’est élevée, et l’on sait que même la nature est véritablement de la Providence.
C’est pour cela que le ‘hamets n’est permis qu’après le septième jour de Pessa’h, car c’est alors que se produisit la traversée de la mer des Joncs (Keri’at Yam Souf), moment où se manifesta la chute des Égyptiens, et où la Providence divine se révéla de façon encore plus forte à travers de nombreux miracles. Ainsi, l’aspect de la ‘hokhmat ha-teva (la croyance dans l’autonomie des lois naturelles), d’où les idolâtres tirent leur emprise, fut anéanti, car tous furent alors terriblement bouleversés par la révélation de la Providence, comme il est dit (Exode 15:15) : « À leur tour ils tremblent, les chefs d’Édom… »3
C’est précisément grâce à cette révélation extrême de la Providence que l’on découvrit que même la nature est en vérité régie par la Providence. C’est pourquoi, après le septième jour de Pessa’h, le ‘hamets fut permis, comme expliqué.
(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
Poursuivre la lecture…
« Pharaon répondit : “Qui est Hashem dont je dois écouter la parole en laissant partir Israël ? Je ne connais point l’Éternel et certes je ne renverrai point Israël”. »
Dans ce verset, Moïse et Aharon s’adressent à Pharaon pour lui transmettre l’ordre divin : « Laisse partir Mon peuple. » Pharaon répond avec défiance : « Qui est Hachem pour que j’écoute Sa voix ? Je ne connais pas Hachem, et je ne laisserai pas partir Israël. » Cette déclaration résume l’attitude de l’Égypte, fondée sur la négation de la Providence divine et l’adoration de la nature et des astres, ce que Rabbi Nathan appelle ici ‘hokhmat ha-teva.
Le Zohar (Parashat Bo, Zohar I, 183b) enseigne que la matsa consommée pendant Pessa’h agit comme une asvata — un remède spirituel. Durant les sept jours de la fête, elle purifie et renforce la émouna (foi) en la Providence divine. Une fois cette guérison spirituelle établie, le ‘hamets (levain), symbole du naturel et du rationnel, peut être réintroduit, car la foi a été fortifiée et peut désormais intégrer le monde matériel sans s’y perdre.
« … les vaillants de Moab sont saisis de terreur, consternés, tous les habitants de Canaan. »
Ce verset fait partie du « Cantique de la mer » (Shirat haYam), chanté par les Enfants d’Israël après la traversée de la mer Rouge. Ce passage exprime l’impact universel des miracles de la délivrance : les nations environnantes, témoins ou informées de la révélation divine et des prodiges opérés contre l’Égypte, furent saisies de crainte. Les chefs d’Édom symbolisent ici les puissances païennes qui perdirent leur assurance face à cette manifestation éclatante de la Providence divine.



