Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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Briser la nature et révéler la Providence - 6

Quand la nuit elle-même devient lumière

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David Trauttman
août 30, 2026
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VIII

« Cela correspond à l’aspect de ce qui est enseigné (Pessa’him 2a) : « À la lumière du quatorzième [jour du mois de Nissan], on procède à la recherche du ‘hamets à la lumière de la bougie. »1 Le Tanna emploie ici l’expression « or » (lumière) pour désigner la nuit2, car c’est un terme élevé3. En effet, l’essence de la recherche et de la destruction du ‘hamets correspond à l’annulation de la nature du monde, qui est l’aspect même du ‘hamets, comme expliqué plus haut. Lorsque la nature est annulée et que la Providence divine se révèle, cela correspond à l’annulation de l’obscurité et de la nuit, comme nous l’avons vu plus haut : car l’intensité de l’exil, qui est assimilée à la nuit, découle de la croyance dans l’autonomie de la nature. Cependant, lorsque la Providence divine est révélée dans le monde, alors il n’y a plus aucune obscurité, car l’essence de la lumière est Hashem Lui-même, pour ainsi dire, comme expliqué précédemment. Ainsi, « la nuit est lumineuse comme le jour » (Téhilim 139:12)4, comme cela sera dans l’avenir, ainsi qu’il est écrit (Zacharie 14:7) : « C’est au moment du soir que paraîtra la lumière. »5

C’est également ce que nous demandons dans la Haggadah de Pessa’h : « Illumine comme la lumière du jour les ténèbres de la nuit. »6 Car l’essence de l’obscurité nocturne provient de la croyance en la hokhmat ha-teva (la croyance en l’autonomie des lois naturelles), qui constitue l’obscurité même ; tandis que la foi dans la Providence divine constitue l’essence même de la lumière, comme expliqué. C’est pourquoi, la nuit de la recherche du ‘hamets, qui correspond à l’annulation de la nature, est désignée par le Tanna par le terme « or » (lumière), car il s’agit là de l’annulation du ‘hamets — aspect de la nature — que l’on recherche précisément cette nuit-là. Ainsi, par ce biais, la nuit devient lumière, conformément au verset : « La nuit est lumineuse comme le jour. » (Téhilim 139:12). C’est pourquoi le Tanna appelle cette nuit or (lumière). »

IX

« Cela correspond à l’aspect de ce qui est dit (Exode 12:42) : « La Nuit prédestinée (Leil Shimourim) »7, c’est-à-dire une nuit protégée des forces de nuisance8. En effet, l’essence même des forces nuisibles provient de la hokhmat ha-teva, qui correspond à l’attribut de la rigueur, et à l’influence des idolâtres, ces destructeurs du monde. Or, lors de la nuit de la sortie d’Égypte, il y eut précisément l’annulation de la nature durant la nuit, afin de briser et d’abolir l’aspect de la nuit, qui est l’aspect même de cette croyance dans la nature. C’est pourquoi cette nuit fut entièrement protégée de tous les dommages et de tous les jugements, car la Providence divine y fut pleinement révélée — et par cela, toutes les nuisances et tous les jugements furent annulés, comme cela a été expliqué.

À l’image du feu, qui a été principalement créé par l’action de l’homme, ainsi la nature est tenue par l’homme, et c’est là la racine principale de l’emprise du jugement. C’est pour cela que nous faisons la havdala sur le feu à la sortie de Chabbat.

X

Cela correspond à l’aspect du renouvellement de la lune, selon le verset (Isaïe 30:26) : « La lune, alors, brillera du même éclat que le soleil, comme la lumière des sept jours de la Création… »9, ce qui se réalisera dans le futur, lorsque la Providence divine sera pleinement révélée dans le monde. Alors, l’obscurité de la nuit sera abolie, et la lune sera remplie de sa plénitude, effaçant la marque de son imperfection. En effet, la diminution et le défaut de la lune représentent l’obscurité de la nuit, qui correspond à la croyance en la hokhmat ha-teva — c’est de là que les forces négatives tirent principalement leur emprise, comme il est bien connu. Mais dans l’avenir, la lune sera comblée, l’obscurité disparaîtra, car la nature sera annulée et la Providence divine sera révélée. Alors, « la nuit sera lumineuse comme le jour », correspondant à « la lune, alors, brillera du même éclat que le soleil », comme cela a été dit plus haut. C’est pour cela que la parasha10 du Qiddoush ha’Hodech (la sanctification du mois) fut la première mitsva que reçut Israël en Égypte, au moment de la délivrance11. Car l’essence de la délivrance — qui est l’annulation de la nature — correspond à la plénitude de la lune, et c’est cela l’aspect du Qiddoush ha’Hodech, comme on l’a expliqué.

XI

« Cela correspond à ce qui est enseigné dans le traité Pessa’him (5a) : « La destruction du ‘hamets ne se fait que par le feu. »12 Ainsi qu’il est dit (Ézéchiel 15:7) : « Ils sont sortis du feu, et le feu les consumera. »13 En effet, la Providence et la nature correspondent respectivement au jour et à la nuit, à la lumière et à l’obscurité, comme on l’a dit plus haut. Cela correspond également aux « lumières de lumière » et aux « lumières de feu »14. Car les « lumières de feu » dominent lorsque les « lumières de lumière » se retirent — c’est-à-dire la nuit, dans l’obscurité (comme l’explique Rabbénou dans un autre passage, au sujet de la parasha Bereshit dans Liqouté Moharan II, 67). Le feu représente la vigueur du jugement, qui découle de la croyance dans l’autonomie des lois naturelles, comme expliqué plus haut. C’est pourquoi le Saint, béni soit-Il, créa le feu à la sortie du Chabbat par l’entremise d’Adam HaRishon, comme l’enseignent nos Sages (Pessa’him 54a).

C’est une allusion à la nature, lorsque la Providence est dissimulée, car la nature incarne l’attitude de « C’est ma propre force et la puissance de mon bras qui m’ont valu cette richesse » (Deutéronome 8:17)15. À l’image du feu, qui a été principalement créé par l’action de l’homme, ainsi la nature est tenue par l’homme, et c’est là la racine principale de l’emprise du jugement. C’est pour cela que nous faisons la havdala sur le feu à la sortie de Chabbat16, car c’est précisément à ce moment que s’effectue la distinction et la clarification entre le bien et le mal. En effet, la principale emprise de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal provient de la nature, qui est comparée au feu, comme nous l’avons vu. En accomplissant la havdala sur le feu, nous séparons le bien et nous soumettons le mal, qui s’agrippe au feu et à la croyance dans l’autonomie de la nature. Ainsi, le feu lui-même, qui représente la nature, est inclus dans la sainteté. Car en vérité, même la nature est Providence divine.

(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 2, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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