Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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De la nuit au jour : sommeil, effacement et renouveau de la vitalité - 4

Élever la nuit, éveiller le cœur

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David Trauttman
oct. 06, 2026
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Article précédent : Des mains capables d’élever le monde

C’est cela le sens du lever à ‘hatsot (minuit) ou, a minima, avant l’aube, afin d’unir la nuit au jour par l’étude de la Torah et la prière — pour unir et inclure la dimension de la nuit (le désordre) dans celle du jour (l’ordre), ce qui constitue le cœur du service de l’homme : élever et intégrer tous les mondes dans leur racine, comme cela a été expliqué.

C’est cela le sens du verset (Psaumes 134:1) : « Allons ! bénissez l’Éternel, vous tous, serviteurs de l’Éternel,
qui vous tenez dans la Maison du Seigneur durant les nuits. » — « qui vous tenez… durant les nuits » : l’expression est à prendre au sens littéral. Car l’essentiel de la réparation (tiqoun) se réalise précisément ainsi : en se levant la nuit pour étudier la Torah et prier. C’est par cela qu’on parvient à inclure la nuit dans le jour, à faire entrer ce qui est dans le désordre (chélo késéder) dans la dimension de l’ordre (késéder) — et c’est là l’essentiel de la réparation de tous les mondes, comme nous l’avons expliqué.

C’est pourquoi ce verset est immédiatement suivi de : « Levez vos mains vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur » (Psaumes 134:2). — « Levez vos mains » : cela est dit précisément. Car élever, unir et inclure la nuit dans le jour, faire passer le désordre dans l’ordre, ne peut se faire que par les mains. Les mains sont les instruments de l’action, la dimension de l’universalité de la Torah, et c’est par elles que l’on élève tous les mondes jusqu’à leur racine. Cela correspond à l’expression : « Levez vos mains vers le sanctuaire et bénissez le Seigneur ».

Cela s’inscrit aussi dans le verset : « Oui, je lèverai mes mains vers les cieux… »1 (Deutéronome 32:40), qui exprime l’élévation des mains, comme enseigné dans le Zohar haQadosh. Car l’universalité des mondes est incluse dans les mains, comme il est dit : « Ma main a fondé la terre, et ma droite a étendu les cieux »2 (Isaïe 48:13). Ainsi, la sainteté réside essentiellement dans les mains. Car en accomplissant la Torah et les mitsvot — qui sont toutes incluses dans les mains, instruments de l’action — on élève tous les mondes. Ces mondes, relevant de la dimension du désordre (chélo késéder), sont alors élevés et orientés vers leur source, vers Hachem, dans la dimension de l’ordre (késéder), qui est celle de la sagesse (hokhmah), appelée sainteté (qodesh), comme cela est connu.

C’est cela : « Levez vos mains vers le sanctuaire », comme nous l’avons dit. C’est pourquoi ce verset s’enchaîne harmonieusement avec le précédent : « Allons ! bénissez l’Éternel, vous tous, serviteurs de l’Éternel, qui vous tenez dans la Maison du Seigneur durant les nuits » — comme expliqué ci-dessus.

V

Tel est le sens de Roch Hachana : le son du chofar, qui représente le réveil du sommeil [spirituel]. Comme cela est expliqué dans les Kavanot du Arizal, Roch Hachana correspond à un état de sommeil3 — et le chofar vient provoquer l’éveil de ce sommeil. En effet, le monde a été créé au mois de tichri4, ce qui correspond à un mode de création hors de l’ordre (chélo késéder), en allusion au processus de Tishré, Rech, Kaf, Tav (תשר”ק), comme nous l’avons vu plus haut. Lorsque se réveille cette dimension de désordre (chélo késéder), il faut passer par le sommeil, c’est-à-dire se retirer totalement de soi-même — allusion au sommeil de la nuit, image de ce retrait intérieur, comme cela a déjà été expliqué5.

La techouva véritable, c’est l’humilité. Car toutes les fautes proviennent du désordre (chélo késéder), qui apparaît lorsqu’on s’approprie une dimension pour soi-même, autrement dit : par orgueil. C’est ainsi que naît l’emprise des jugements et du mauvais penchant — des forces d’impureté (kelipot), qui tirent leur pouvoir de ce désordre.

Car Roch Hachana est le premier jour des Dix Jours de Techouva, et l’essence même de la techouva, c’est le retour depuis un état de grandeur vers l’humilité, la reconnaissance sincère de notre bassesse et de notre petitesse. Car le fondement de la techouva, c’est la soumission du cœur et l’humilité véritable, comme l’ont dit nos Maîtres, de mémoire bénie (Berakhot 7a) : « Un seul sursaut de remords dans le cœur vaut plus que cent coups de fouet. » Et comme il est écrit (Michée 7:18) : « Il pardonne les iniquités, qui fais grâce aux offenses… »6, ce que nos Sages interprètent ainsi (Roch Hachana 17a) : « Pour celui qui se considère comme un reste (shirayim), Hachem passe sur sa faute. »7

Il en ressort que la techouva véritable, c’est l’humilité. Car toutes les fautes proviennent du désordre (chélo késéder), qui apparaît lorsqu’on s’approprie une dimension pour soi-même, autrement dit : par orgueil. C’est ainsi que naît l’emprise des jugements et du mauvais penchant — des forces d’impureté (kelipot), qui tirent leur pouvoir de ce désordre, et qui sont à l’origine de toutes les fautes. Comme le rapportent nos Sages dans les livres saints : « Par l’orgueil, toutes les fautes apparaissent, car celui qui s’enorgueillit est considéré comme s’il pratiquait l’idolâtrie » (Sota 4b), et « celui qui reconnaît l’idolâtrie, c’est comme s’il reniait toute la Torah » (‘Houlin 5a).

Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 3, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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