Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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De l’ombre à la lumière - 2

La beauté cachée sous l’obscurité

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David Trauttman
mars 24, 2026
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III

Cela correspond à ce qui est écrit dans (Psaumes 57:9) : « Réveille-toi, ô mon âme, réveillez-vous, ô luth et harpe: je veux réveiller l’aurore ». Cela signifie que l’homme doit s’éveiller de son sommeil et de sa chute1. Par quoi s’éveillera-t-il ? Par les points positifs qu’il trouve encore en lui-même. C’est cela : « Je veux réveiller l’aurore ».

Car le point positif est en rapport avec l’aube, comme il est écrit dans (Cantique des Cantiques 1:5) : « Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem ». Cela signifie qu’à cause de cette situation, le point positif est mêlé à de nombreux défauts et imperfections causés par les fautes de l’homme. Par conséquent, il semble à la personne que ce point soit noir, car il est plongé dans l’obscurité et dans la noirceur, que Dieu nous préserve.

Mais lorsque l’on se juge favorablement et qu’on réveille et trouve en soi le point positif mentionné plus haut, alors ce point dit (ibid.) : « Je suis noire mais belle ; ne voyez pas que je suis noire, etc. », car la noirceur n’est pas la mienne, comme l’explique Rachi dans ce passage. Car le point positif en soi, même chez les pécheurs d’Israël, est très beau et magnifique ! Seulement, la noirceur le recouvre.

Mais lorsque l’on réveille ce point, il dit : « Je suis noire mais belle ; ne voyez pas que je suis noire », car de par ma nature, je suis très belle.

Cela correspond à ce que nos sages z”l ont dit (Shemot Rabba 49, 2) : « Je suis noire – à cause de l’acte du veau d’or2, et je suis belle – par l’acte du Tabernacle3 ». Cela signifie que, même si j’ai de nombreux péchés et que je me suis beaucoup éloignée de Lui, béni soit-Il, je conserve malgré tout une certaine beauté intérieure.

L’acte du veau d’or englobe en effet tous les péchés du monde, car « quiconque reconnaît l’idolâtrie, c’est comme s’il reniait toute la Torah » (Houlin 5). Cependant, « je suis belle – par l’acte du Tabernacle », c’est-à-dire grâce au peu de bien que je parviens encore à trouver en moi-même. Car immédiatement après l’acte du veau d’or, l’ordre de construire le Tabernacle fut donné. Celui-ci permit à Dieu, béni soit-Il, d’apaiser Sa colère envers Israël, notamment grâce à Moïse notre maître, qui sacrifia son âme pour eux et intercéda en leur faveur.

Moïse avait cette capacité unique de trouver des points positifs même chez les plus bas des hommes, comme l’explique Rabbénou z”l à plusieurs reprises (dans Liqouté Moharan II, §92, entre autres). C’est ainsi qu’il était en mesure de prier pour eux constamment, même après qu’ils eurent corrompu toute la Torah par l’acte du veau d’or. Malgré tout, il persistait à découvrir des points positifs en eux.

Ainsi, il devint possible d’éveiller le bien même chez les individus les plus dégradés, de les faire passer dans le camp du mérite et de les ramener à la repentance.

C’est pourquoi Moïse dit (Exode 32:11) : « Pourquoi, Hachem, Ta colère s’enflammerait-elle contre Ton peuple... ?4 » Il avait trouvé en eux des aspects de bien, si bien que le mal en était totalement repoussé, comme mentionné précédemment. Ainsi, Moïse pouvait affirmer : « Pourquoi, Hachem, Ta colère s’enflammerait-elle contre Ton peuple ? » Car le mal n’était plus pris en compte face au peu de bien qui subsistait encore en eux.

Le Saint béni soit-Il fut apaisé par cette intercession, et « Hachem révoqua le malheur...5 » (Exode 32:14). Par la suite, le Saint, béni soit-Il, enseigna à Moïse l’ordre de la prière et lui révéla les Treize attributs de miséricorde. C’est ce que signifie le verset (Exode 33:19) : « Il répondit: “C’est Ma bonté tout entière que Je veux dérouler à ta vue..”6 ». Par ces mots, Il lui enseigna et révéla toute Sa bonté, autant qu’il est possible de la percevoir, afin que Moïse sache que le Saint, béni soit-Il, est toujours bon pour tous. Ainsi, il devint possible d’éveiller le bien même chez les individus les plus dégradés, de les faire passer dans le camp du mérite et de les ramener à la repentance.

Cela correspond aux Treize Attributs de miséricorde, comme il est écrit (Exode 34:6) : « Hachem, Hachem, tout puissant, clément, miséricordieux, lent à la colère…7 », car le Nom divin, béni soit-Il, est empli de miséricorde et de bonté pour tous. Il fait preuve de patience tant envers les justes que les méchants, inclinant toujours vers la bonté (Roch Hachana 17a). Il juge chacun favorablement, trouvant une étincelle de bien même chez les pécheurs d’Israël. Par ce biais, Il les fait pencher vers le mérite, comme mentionné précédemment.

Cela correspond à ce qui est écrit (Exode 34:7) : « Il conserve Sa bonté jusqu’à la millième génération. » Cette bonté, qui est l’attribut de grâce, signifie que le Saint, béni soit-Il, incline toujours vers la bonté, juge favorablement et trouve une étincelle de bien, comme expliqué plus haut. Cette bonté se conserve et adoucit « jusqu’à la millième génération », c’est-à-dire que même si un individu a causé des milliers, voire des myriades de dégâts spirituels par ses fautes, néanmoins, le peu de bien qui peut être trouvé en lui grâce à cette bonté repousse tout le mal.

Grâce à cela, il est écrit : « Il pardonne la faute, la transgression… » (Exode 34:7), car par ce biais, l’individu est véritablement jugé favorablement, comme expliqué plus haut.

(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 1, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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