De l’ombre à la lumière - 8
Le point de lumière qui purifie et renouvelle
Article précédent : Éveiller le bien pour sortir de l’obscurité
Cela correspond au passage du poème liturgique (Piyout)1 pour la Parasha Para : « Il purifie les impurs et rend impurs les purs. »2 Cette idée fait référence à la démarche consistant à juger favorablement (dan lekaf zechout) et à trouver en soi-même des points positifs (nekoudot tovot). Cette approche a le pouvoir de purifier les impurs et, paradoxalement, de rendre impurs les purs. En effet, celui qui se trouve dans un état spirituel inférieur doit impérativement découvrir des mérites en lui-même afin de ne pas sombrer totalement, à Dieu ne plaise. C’est précisément cette démarche qui constitue l’essence de sa purification et de sa techouva, comme mentionné précédemment.
Cependant, celui qui est déjà pur, s’il se limite à se percevoir uniquement dans un état de bien spirituel, risque de souffrir de l’orgueil, à Dieu ne plaise. Comme l’ont enseigné nos Sages (Nidda 30b) : « Même si le monde entier te dit que tu es un juste, considère-toi comme un impie. »
C’est pourquoi il est dit : « comme un impie » (כְּרָשָׁע) et non « un impie absolu » (רָשָׁע גָּמוּר), à Dieu ne plaise, car il est interdit de se considérer comme un impie absolu. Bien au contraire ! Lorsqu’une personne a l’impression d’être un impie absolu, à Dieu ne plaise, et même si, en vérité, cela semble être le cas, à Dieu ne plaise, elle doit malgré tout chercher et s’efforcer de trouver en elle-même un aspect positif. Cela l’empêchera de devenir véritablement un impie absolu, comme mentionné précédemment. Par ce biais, elle se purifie et parvient à la repentance, comme expliqué plus haut.
Cela correspond à la notion de « purifier les impurs et rendre impur les purs », comme mentionné précédemment.
Ensuite, on lit la Parashat Ha’Hodesh, qui correspond à la sanctification du nouveau mois, symbolisant le renouvellement de la lune en réparant son défaut.
Il est connu que lorsque Israël se trouve, à Dieu ne plaise, à un niveau spirituel inférieur – cela correspond au défaut de la lune, à l’accusation portée contre la lune3, d’où proviennent tous les défauts et les fautes, à Dieu ne plaise.
Ainsi, lorsqu’un membre d’Israël se réveille4 et découvre en lui-même un aspect positif, et que par cela il revient à la repentance, comme mentionné précédemment, cela correspond à la restauration de la lune après son défaut, ce qui est en lien avec la sanctification du mois5. Car l’essence de la sanctification du mois réside dans ce concept. Au début du mois, lorsque l’on aperçoit la lune pour la sanctifier devant le tribunal6, elle est alors extrêmement petite et fine, ne représentant qu’un simple point. Cela correspond au point positif évoqué précédemment, qui est lié à l’idée de « Je suis noire, mais belle… », comme expliqué plus haut.
Les étoiles symbolisent les points positifs qui se trouvent en chaque membre d’Israël, et grâce à eux, ils peuvent véritablement être jugés favorablement, en vertu du fait qu’on les juge avec indulgence, comme expliqué précédemment.
En d’autres termes, lorsque la lune atteint son état de diminution maximale à la fin du mois, tous les membres d’Israël doivent la chercher et s’efforcer de la trouver, jusqu’à ce que des témoins oculaires puissent percevoir un petit point de lumière émanant de la lune. Alors, le mois est sanctifié devant le tribunal, ce qui correspond à la réparation et à l’achèvement de la lune. Grâce à l’aspect du point unique, le point positif qu’il nous est donné de découvrir dans cet état d’extrême diminution, c’est ainsi que l’on est réellement amené à juger favorablement, comme mentionné plus haut. Cela correspond à la réparation et à l’achèvement de la lune, comme expliqué précédemment.
C’est pourquoi le tribunal et tout Israël proclament : « Sanctifié, sanctifié » (Rosh Hachanah 24a), car grâce au seul point [positif], tout est sanctifié, comme mentionné plus haut, en jugeant favorablement.
Cela correspond au fait que tous disent : « Sanctifié, sanctifié », c’est-à-dire qu’à travers leurs paroles, ils élèvent la lune de son état de défaut et de diminution à celui de réparation et de plénitude, ce qui constitue sa Sainteté, grâce au seul point de lumière qu’ils ont aperçu dans la lune.
Cela correspond précisément à ce concept mentionné plus haut. À cause de l’accusation portée contre la lune, elle fut diminuée, et alors le Saint, béni soit-Il, lui donna les étoiles pour apaiser son esprit, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Bereshit Rabba 6:4), et comme rapporté dans le commentaire de Rachi (Bereshit 1:16). Les étoiles symbolisent les points positifs qui se trouvent en chaque membre d’Israël, et grâce à eux, ils peuvent véritablement être jugés favorablement, en vertu du fait qu’on les juge avec indulgence, comme expliqué précédemment.
Cela correspond à ce qui est dit (Daniel 12:3) : « Ceux qui auront dirigé la multitude [seront] comme les étoiles, etc. »7 Ceux « qui auront dirigé la multitude » se réfèrent aux justes de la génération, qui jugent tout le monde favorablement. Grâce à cela, même les pécheurs d’Israël sont véritablement jugés d’une manière favorable, comme mentionné plus haut. Cela correspond à l’aspect des étoiles, comme dans « et ceux qui auront dirigé la multitude [seront] comme les étoiles », mentionné plus haut, car les étoiles symbolisent les points [positifs].
Ce verset, « ceux qui auront dirigé la multitude », fait référence, à la fin de Daniel, au sujet mentionné (Daniel 12:10) : « Beaucoup seront triés, épurés et passés au creuset ; mais les impies exerceront leurs impiétés, etc. » ; « Les sages resplendiront comme l’éclat du firmament, et ceux qui auront dirigé la multitude [seront] comme les étoiles, à tout jamais. »8
Cela signifie qu’à l’époque précédant la venue du Messie, à la fin des temps, lorsque les forces du mal se renforceront, à Dieu ne plaise, comme cela est connu, un grand processus de clarification et d’affinement surviendra, comme il est dit : « Beaucoup seront triés, épurés et passés au creuset, etc. »9
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 1, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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