Article précédent : La gloire qui renaît dans la nuit
C’est pour cela qu’après ‘Hatsot, lorsque l’on commence à s’engager dans cette réparation grâce aux « héros puissants » mentionnés plus haut, on proclame : « Exhaussez, ô portes, vos frontons, relevez-vous, portails antiques ! » (Téhilim 24:7). Ces portes et ces ouvertures sont celles du Beth HaMikdach (le Temple), qui correspondent également aux portails et aux ouvertures de la conscience (Da’at) de l’homme. Elles doivent toutes s’ouvrir pour laisser entrer le Roi de gloire, afin que Sa divinité et Sa gloire soient révélées dans le monde en général, et plus particulièrement dans l’esprit et le cœur de chaque individu, jusqu’à ce que tous Le reconnaissent et connaissent Sa gloire.
Alors, immédiatement, l’interrogation surgit : ce sont les pensées mauvaises et étrangères qui envahissent le cœur de l’homme et qui tirent leur origine de l’aspect de « Mais le serpent était rusé », mentionné plus haut. C’est ce même serpent qui a séduit Adam et ‘Hava, ainsi que tous ceux qui se sont laissés entraîner à sa suite, à Dieu ne plaise. Comme il est écrit dans le Zohar haQadosh (Bereshit 52a) : « Malheur au premier serpent, qui a causé la mort d’Adam et de toutes les générations qui sont venues après lui. »1 Ce sont ces pensées qui demandent : « Qui est ce Roi de gloire ? » Car elles s’imaginent que la Gloire divine a été totalement occultée, au point qu’il serait impossible de la révéler à nouveau – qu’Elle puisse se manifester dans notre intellect, dans notre cœur et dans le monde entier.
Mais alors, vient immédiatement la réponse : « Hachem est fort et puissant ! Hachem, héros dans la guerre ! » – « Fort et puissant », précisément ; « héros dans la guerre », précisément ! Car à cet instant, on ne met en avant que la force de Sa puissance et la vigueur de Sa rigueur, ce qui correspond à l’aspect des Gevourot (Rigueurs) et à l’intensité de la prière sous l’aspect du jugement mentionnée plus haut. Ce sont ces hommes de puissance qui, par leur prière, renforcent la puissance d’En-Haut, comme l’ont dit nos Sages (Eikha Rabba 1:33), conformément à ce qui est écrit (Téhilim 108:14) : « Avec Dieu, nous ferons des prouesses. »2 C’est-à-dire que c’est précisément par la force et la vigueur de cette prière sous l’aspect du jugement que se manifeste la puissance véritable du combat, ainsi qu’il est dit : « Hachem est un héros dans la guerre ! » Par cette guerre spirituelle, toute la vitalité de la Sitra A’hra (les forces du mal) est extraite, ainsi que toutes les âmes et les étincelles qu’elle avait englouties. Ainsi, la Gloire divine s’amplifie, se magnifie et se révèle aux yeux de tous.
C’est pourquoi, immédiatement après, on répète encore une fois : « Qu’Il entre, le Roi de gloire ! » jusqu’à conclure explicitement : « Hachem Tseva’ot, Lui est le Roi de gloire, à tout jamais. » Car, sans aucun doute, Il achèvera Son œuvre et Sa gloire se révélera aux yeux de tous. Et tout cela se réalise par l’aspect de « Puissant et Vaillant », etc., grâce à la prière dans l’aspect du jugement et de la rigueur mentionnée plus haut.
III
Par la révélation de la Gloire divine, la prophétie se prolonge, car elle correspond à l’aspect de la Torah, qui inclut les dix niveaux de prophétie, etc. Grâce à cela, l’imagination est clarifiée, permettant ainsi la manifestation de l’essence de la sainte émouna (foi).
Cela correspond à l’étude de la Torah, qui doit se faire après Hatsot, car c’est alors le moment le plus propice pour s’y consacrer, comme cela est rapporté3. En effet, l’étude de la Torah à ce moment-là est liée à l’attraction du souffle de la prophétie mentionnée plus haut, car tous les niveaux de prophétie sont inclus dans la Torah, comme indiqué précédemment.
Par l’étude de la Torah, liée à l’aspect de la prophétie, on mérite la foi en la nouveauté du monde. Par cela, on atteint l’aspect du renouveau du monde futur, comme il est dit (Téhilim 92:3) : « Pour proclamer le matin Ta bonté, et Ta fidélité durant les nuits. » Et également (Eikha 3:23) : « Elles se renouvellent chaque matin, grande est Ta fidélité... », comme cela est expliqué là-bas.
Chacun en Israël, selon son mérite à être proche du Tsadiq authentique, doté de cette grande puissance mentionnée plus haut, et selon l’engagement qu’il met dans ces réparations – en se levant à Hatsot, etc., comme expliqué précédemment –, méritera la lumière du matin, correspondant au renouveau du monde.
Ce phénomène se produit chaque jour, car la lumière du matin perce et brille quotidiennement après l’obscurité de la nuit, grâce à toutes les réparations mentionnées plus haut. De manière générale, il en est de même pour le ‘hidoush ha’olam (renouveau du monde), appelé « jour », qui découle de la réparation de la foi durant la nuit – la nuit étant une allusion à l’exil. Ainsi, lorsque les Bnei Israël renforcent leur foi au sein de l’obscurité de la nuit, c’est-à-dire dans l’exil, et ce, grâce à la force des Tsadiqim véritables, les maîtres de puissance mentionnés plus haut, ils méritent le ‘hidoush ha’olam, comme expliqué précédemment.
Il en va de même à un niveau individuel, chaque jour. Grâce aux réparations mentionnées plus haut, qui se réalisent en se levant à Hatsot et en étudiant la Torah à ce moment-là, la Gloire divine s’intensifie et l’on mérite la foi. Par cela, la lumière du matin brille, correspondant au ‘hidoush ha’olam (renouveau du monde)4, qui est associé au matin. C’est de là que la lumière du matin se propage chaque jour, conformément à ce qui est dit : « Pour proclamer le matin Ta bonté, et Ta fidélité durant les nuits » (Téhilim 92:3), et « Elles se renouvellent chaque matin, grande est Ta fidélité » (Eikha 3:23). Ces versets évoquent le ‘hidoush ha’olam et, dans leur sens littéral, font également référence à la succession du jour et de la nuit, car ces deux aspects ne font qu’un, comme mentionné plus haut.
Chacun en Israël, selon son mérite à être proche du Tsadiq authentique, doté de cette grande puissance mentionnée plus haut, et selon l’engagement qu’il met dans ces réparations – en se levant à Hatsot, etc., comme expliqué précédemment –, méritera la lumière du matin, correspondant au renouveau du monde. Alors, il proclamera la bonté et la bienveillance qu’Hachem lui a accordées, ainsi qu’il est dit : « Pour proclamer le matin Ta bonté, et Ta fidélité durant les nuits » (Téhilim 92:3), comme mentionné plus haut.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 5, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
Poursuivre la lecture…
Le Zohar (Bereshit 52a) évoque ici l’épisode du serpent dans le Jardin d’Éden et ses conséquences. Le Na’hash haQadmoni (le premier serpent) ne s’est pas contenté de tromper ‘Hava (Ève), mais a introduit dans le monde une force de séparation et d’impureté. Son action a entraîné la chute d’Adam et de l’humanité entière, les rendant vulnérables à la mort et à l’exil spirituel. Ce passage du Zohar souligne que la transgression d’Adam n’a pas seulement affecté sa propre destinée, mais aussi celle de toutes les générations futures, marquant ainsi l’histoire du monde d’un éloignement progressif de la lumière divine.
« … c’est Lui qui écrasera nos ennemis. »
Maïmonide (Rambam) souligne l’importance de l’étude nocturne de la Torah dans le Mishné Torah (Hilkhote Talmoud Torah 3:13) : « Bien que l’on soit tenu d’étudier la Torah de jour et de nuit, c’est principalement par l’étude nocturne que l’on acquiert la majeure partie de la sagesse. » Il s’appuie sur le Talmud (Avodah Zara 3b), qui enseigne que celui qui étudie la Torah la nuit mérite une grâce divine le jour. De même, le Talmud (Eruvin 65b) affirme que « la nuit a été créée principalement pour l’étude de la Torah. » Ces sources insistent sur la puissance de l’étude nocturne dans l’élévation spirituelle et intellectuelle.
Le « renouveau du monde » désigne le fait que la Céation n’est pas un événement du passé, mais un processus continu. Selon la Kabbale et la ‘Hassidout, Hachem renouvelle l’existence du monde à chaque instant, maintenant ainsi toute la réalité. Ce concept est fondé sur l’idée que la création divine est constante et perpétuelle.




