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IV
C’est ainsi que le chant nouveau mentionné plus haut prend forme1, correspondant à ce qui est dit (Téhilim 98:1) : « Psaume : Chantez à Hachem un chant nouveau, car Il a accompli des merveilles... »2. De là découlent tous les chants et louanges que l’on récite chaque matin dans la prière de Shaharit, car tous les chants et louanges du présent trouvent leir source dans le chant qui s’éveillera dans le futur.
Cela correspond à ce qui est dit (Iyov 38:7) : « Lorsque les étoiles du matin chantaient en chœur »3, une allusion aux chants et louanges qui s’éveillent chaque matin, et qui proviennent du matin du futur, lequel correspond au hidoush ha’olam (renouveau du monde), etc. Ce renouveau est attiré par la prière sous l’aspect du jugement (téfila bi-be’hinat din), comme mentionné plus haut.
C’est également le sens de ce qui est écrit (ibid.) : « Et tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie. » (Iyov 38:7). Car tout cela découle de l’aspect des Bnei Elohim (fils de Dieu)4, qui correspond à l’aspect du Din (rigueur) et de la Gevoura (puissance) dans la sainteté. C’est-à-dire que, grâce aux Tsadiqim, ces hommes puissants mentionnés plus haut, capables de prier sous l’aspect du jugement, le chant du futur s’éveille, et c’est de là que provient l’aspect de « Lorsque les étoiles du matin chantaient en chœur », comme mentionné précédemment.
V
C’est cela : « Il faut se renforcer comme un lion pour se lever le matin… » – « Il faut se renforcer » précisément, car cela exige une grande force. En effet, l’essence du réveil découle des Gevourot (forces de rigueur), c’est-à-dire de la prière sous l’aspect du Din (jugement) pratiquée par le maître spirituel doté de puissance, comme mentionné plus haut.
C’est aussi le sens de : « C’est à nous de réveiller l’aube » – correspondant à ce qui est dit (Téhilim 57:9) : « Réveille-toi, ô mon âme ! Réveillez-vous, luth et harpe ! Je veux réveiller l’aurore. » Il s’agit ici d’éveiller le chant mentionné plus haut, celui que l’Ayélet haShachar (la biche de l’aurore) entonne le matin, par la force des Tsadiqim mentionnés plus haut, qui ont la capacité de révéler la Gloire divine.
C’est pourquoi il est nécessaire de se laver précisément les mains (Netilat Yadaïm), car l’essentiel de la force et du renforcement doit être donné aux mains, afin qu’elles prennent le dessus sur le talon de la Sitra A’hra (les forces d’impureté).
Ce qui correspond à : « Réveille-toi, ô mon âme ! Réveillez-vous, luth et harpe ! Je veux réveiller l’aurore. » (Téhilim 57:9). Heureux, heureux celui qui a une part en cela ! L’essentiel réside dans le fait de se rapprocher des véritables Tsadiqim avec une sincérité absolue, uniquement pour la Gloire divine, et non pour sa propre gloire, à Dieu ne plaise.
VI
Cela correspond à l’ablution des mains (Netilat Yadaïm) au matin, lorsqu’on se réveille5.
Car les eaux pures de l’ablution (Netilat Yadaïm) proviennent de la révélation de la connaissance (Da’at), qui est attirée par la prière sous l’aspect du jugement mentionnée plus haut. Cela correspond à ce qui est écrit (Isaïe 11:9) : « Car la terre sera pleine de la connaissance d’Hachem, comme l’eauabonde dans le lit des mers. »6 C’est de là que sont puisées ces eaux de l’ablution au moment du réveil.
C’est pourquoi il est nécessaire de se laver précisément les mains (Netilat Yadaïm), car l’essentiel de la force et du renforcement doit être donné aux mains, afin qu’elles prennent le dessus sur le talon de la Sitra A’hra (les forces d’impureté). Cela correspond à ce qui est écrit (Bereshit 25:26) : « Sa main saisissait le talon d’Ésaü. » – « Sa main », précisément7.
Car la réparation essentielle s’effectue par la foi en la nouveauté du monde ( ‘Hidoush ha’olam), qui est associée aux mains, comme il est dit (Isaïe 48:13) : « Ma main a fondé la terre, et Ma droite… »8. C’est pourquoi la foi est appelée « mains », comme il est écrit (Shemot 17:12) : « Ses mains restèrent fermes dans la foi… »9. En effet, l’essence de la foi consiste à croire en Hachem, qui a créé le monde à partir du néant, ce qui correspond à l’aspect des mains, ainsi qu’il est écrit (Isaïe 48:13) : « Ma main a fondé la terre, et Ma droite… ». De même, il faut croire en la Torah et aux commandements pratiques (mitzvot ma’assiyot), qui doivent être accomplis avec les mains.
Par cela, on mérite le chant (nigoun) mentionné plus haut, qui est associé aux mains, comme il est dit (I Samuel 16:16) : « Il jouera [de la musique] de sa main, et cela te fera du bien. »10
Grâce à tout cela, les mains de Ya’aqov reçoivent la force d’assujettir le talon d’Ésaü, comme il est dit : « Sa main saisissait le talon d’Ésaü » (Bereshit 25:26)11, précisément « sa main », comme mentionné plus haut.
Tout cela découle des eaux de la connaissance (Maymei haDa’at)12, qui se révèlent par la prière du maître spirituel doté de puissance mentionné plus haut. Par ces eaux, nous purifions nos mains après le sommeil, et c’est pourquoi la purification se fait précisément sur les mains, etc., comme mentionné plus haut.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 5, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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