‘Hatsot, la Torah et le Kaddish - 5
Le Kaddish, chant du renouveau
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VII
Cela correspond au concept du yahrzeit1 (anniversaire de décès), qui est le jour du décès du père ou de la mère. Ce jour-là, on récite le Kaddish (Yoreh De’ah, Siman 376, Sé’if 4 selon le Rama) et on jeûne (Orah ‘Haim, Siman 568, Sé’if 8)2.
À ce moment-là, les enfants s’occupent de réparer et d’élever l’âme de leur père ou de leur mère décédés. Or, la mort est associée au sommeil3. Ainsi, lorsqu’ils les élèvent et les réparent, cela correspond à la résurrection des morts4, qui est liée au réveil du sommeil, comme il est dit (Daniel 12:2) : « Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière du sol se réveilleront. »5 Cela correspond également à l’enseignement : « Il maintient Sa fidélité envers ceux qui dorment dans la poussière. »6
C’est pourquoi la bénédiction de « Mé’hayé haMéitim » (« Tu ressuscites les morts »)7 commence par : « Tu es puissant à jamais, Hachem », car l’essence de la résurrection des morts, qui est liée au renouveau du monde, dépend de la prière sous l’aspect du jugement mentionnée plus haut. C’est cela l’aspect de « Tu es puissant », etc. [Comme cela est expliqué ailleurs (Halakhot Yom Tov, Halakha 3, §3 ; et Avodat Elilim, Halakha 1, §7), dans toutes les prières, il est nécessaire d’attirer la force de la prière sous l’aspect du jugement mentionné plus haut, ce qui correspond à la bénédiction « Tu es puissant », etc.]
C’est pourquoi, à ce moment-là, nous récitons le Kaddish8, car le Kaddish est une louange d’une grandeur et d’une puissance extraordinaires, comme il est rapporté : « Car il brise toutes les chaînes de fer... », ainsi qu’il est écrit dans le Zohar haQadosh (Terouma 129b). En effet, le Kaddish provient de l’aspect du chant qui s’éveillera à l’avenir9. C’est pourquoi il commence par : « Dans le monde qu’Il a créé selon Sa volonté », ce qui correspond à l’aspect de la foi en le renouveau du monde (‘Hidoush ha’olam), par laquelle nous croyons qu’Il a créé le monde selon Sa volonté.
« Qu’Il établisse Sa royauté » (Veyamlikh Malkhouteh), ce qui correspond au ‘Hidoush ha’olam à venir, où Sa royauté sera révélée aux yeux de tous10, comme il est écrit (Zacharie 14:9) : « Hachem sera roi sur toute la terre ; en ce jour-là… »11.
C’est cela : « Amen, Yehei Shemei Rabba Mevorakh Le’olam Ule’almei Almaya, Yitbarakh Veyishtabach… Le’ela Min Kol Birchata Veshirata Tushbechata V’nechemata »12, car tout cela correspond au chant qui s’éveillera dans le futur mentionné plus haut, un chant qui transcende toutes bénédictions, louanges, cantiques et consolations.
C’est pourquoi les enfants récitent cette louange extraordinaire pour l’élévation et la réparation de l’âme de leur père et de leur mère. Car leur réparation essentielle s’accomplit par l’aspect de la résurrection des morts et du renouveau du monde, qui s’éveillent grâce à la louange puissante du Kaddish. En effet, ce Kaddish correspond au chant du futur mentionné plus haut, qui est la béatitude tant espérée. Car alors, tous reconnaîtront Hachem et comprendront l’impact du service divin accompli par les Juifs vertueux et les Tsadiqim. Heureux celui qui attend cela !
VIII
C’est pourquoi on jeûne le jour du Yahrzeit, afin de soumettre la nourriture du corps par le jeûne13. Grâce à tout ce qui a été mentionné précédemment, on mérite d’élever la nourriture spirituelle de l’âme au-dessus de celle du corps, comme cela est expliqué dans la Torah citée plus haut. Consultez cette Torah depuis le début jusqu’à la fin, et vous comprendrez alors nos paroles, avec l’aide d’Hachem, béni soit-Il.
Toute la rotation de l’année reflète celle du jour et de la nuit, du soir et du matin. Elle symbolise l’obscurité de l’exil, comparable à la nuit, et la lumière de la rédemption, qui correspond au matin.
IX
C’est pourquoi cette coutume est observée chaque année, le jour du décès du père ou de la mère. En effet, les cycles de l’année, qu’Hachem, béni soit-Il, orchestre et qui régissent la rotation des sphères célestes chaque année, correspondent aux cycles des jours. De même qu’au cours d’une journée, il y a l’alternance du jour et de la nuit, du soir et du matin, il en est ainsi pour l’année dans son ensemble : l’été et l’hiver correspondent respectivement au jour et à la nuit. En hiver, les nuits sont longues et, comparées à l’été, elles sont assimilées à la nuit. Tandis qu’en été, où les journées sont longues, cette période est considérée comme le jour par rapport à l’hiver. Ainsi qu’il est écrit (Téhilim 74:16-17) : « À Toi appartient le jour, à Toi aussi appartient la nuit… Tu as fixé toutes les limites de la terre, Tu as créé l’été et l’hiver. »14
Toute la rotation de l’année reflète celle du jour et de la nuit, du soir et du matin. Elle symbolise l’obscurité de l’exil, comparable à la nuit, et la lumière de la rédemption, qui correspond au matin. Cela illustre également la réalité générale de ce monde, qui est appelé nuit, en contraste avec le Hidoush ha’olam (renouveau du monde), correspondant au Monde futur (Olam haBa), assimilé à la lumière du jour. Comme cela est compréhensible pour l’homme avisé, tous ces éléments relèvent d’un même principe.
C’est pourquoi, lorsqu’une année complète s’achève pour l’âme du défunt, les enfants doivent s’occuper de sa réparation15 à l’issue de cette année. Car cette période correspond au cycle du jour et de la nuit, qui permet d’accomplir la réparation du Hidoush ha’olam (renouveau du monde), en manifestant l’éveil de la lumière du jour après l’obscurité de la nuit. Cette transformation s’opère lorsque la foi a été fortifiée au sein même des ténèbres les plus profondes de la nuit, qui représentent l’exil et ce monde-ci. Or, le défunt a vécu dans ce monde-ci, et il doit désormais s’élever vers sa place, au sein des dimensions mentionnées plus haut, qui correspondent à la lumière, comme expliqué précédemment. C’est pourquoi, à cette date, les enfants s’emploient à sa réparation par le biais du Kaddish, etc., comme mentionné plus haut.
De même, chaque année, il y a Roch Hachana, qui est le moment central de toutes les réparations, comme cela est bien expliqué dans la Torah mentionnée plus haut. En effet, c’est à partir de Roch Hachana que ces réparations s’étendent sur toute l’année16. C’est pourquoi, à chaque début d’année pour l’âme du défunt, c’est-à-dire le jour du Yahrzeit, il est nécessaire de s’occuper des réparations mentionnées plus haut, comme expliqué précédemment.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 5, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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