Liqouté Halakhot - Rabbi Nathan de Breslev

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Le bitoul vers la finalité : source de la Torah et de toute réparation - 5

Préparer les réceptacles pour accueillir la lumière divine

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David Trauttman
nov. 03, 2026
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IX

C’est pourquoi toute la Torah a été comparée aux téfilines, comme il est écrit (Exode 13:9) : « …et qu’ils soient comme un souvenir entre tes yeux, afin que la Torah d’Hachem reste dans ta bouche »1 — ainsi que l’ont interprété nos Maîtres, de mémoire bénie (Qiddouchin 35a). En effet, la lumière du reshimou issue de l’état de bitoul évoqué plus haut correspond aux téfilines, qui représentent l’essence même de l’attachement à Hachem. Ce sont elles qui condensent la lumière resplendissante du reshimou, comme cela est expliqué en plusieurs endroits. C’est là tout le sens de la Torah et des mitsvot, qui en émanent, comme développé dans l’enseignement cité à propos de ce que disent nos Sages : « Chacun montre du doigt… » (Taanit 31a) — vois là-bas.

Quant aux tsitsit, elles représentent la réparation des vêtements, c’est-à-dire des réceptacles, afin que ceux-ci soient suffisamment épurés pour recevoir la lumière du reshimou sans qu’elle ne s’échappe. Si l’homme se souvenait véritablement de l’éclat du reshimou, qui brille en chaque personne chaque jour selon son niveau, il serait sans aucun doute continuellement attaché à Hachem. Mais à cause de la matérialité et de l’opacité des réceptacles, il n’est pas en mesure de recevoir, ne serait-ce que la lumière du reshimou. Dès lors, cette lumière passe au loin et s’efface de sa conscience.

C’est pour cela que la Torah nous a ordonné de nous envelopper dans les tsitsit chaque jour, afin d’affiner les réceptacles et les vêtements, pour qu’ils puissent accueillir la lumière du reshimou, qui constitue la racine de toutes les mitsvot de la Torah. C’est le sens du verset : « Leur vue vous rappellera tous les commandements de l’Éternel… » (Nombres 15:39).

En effet, grâce aux tsitsit — qui correspondent à la réparation des réceptacles des mochin (facultés intellectuelles) —, la lumière resplendissante du reshimou se fixe véritablement dans l’esprit, si bien que l’on se souvient intensément d’Hachem. Cela constitue la racine de toutes les mitsvot de la Torah, qui émanent précisément de cette lumière, comme nous l’avons vu. C’est aussi le sens de la juxtaposition rituelle entre tsitsit et téfilines : chaque jour, un Juif revêt le talit et les téfilines. Les téfilines incarnent la lumière du reshimou, tandis que les tsitsit représentent la réparation des réceptacles et des vêtements, afin que cette lumière s’y attache et ne s’en échappe plus. Ainsi s’éclaire le verset : « Vous les verrez et vous vous souviendrez… » (Nombres 15:39), comme nous l’avons expliqué.

C’est pourquoi les tsitsit précèdent les téfilines : il faut d’abord réparer et affiner les réceptacles pour qu’ils puissent recevoir la lumière du reshimou, puis seulement attirer cette lumière resplendissante — ce qui correspond aux téfilines, essence de l’attachement à Hachem, émanant de cette lumière évoquée plus haut.

Toute la sainteté d’Israël réside dans ce mérite : parvenir à ce takhlit (finalité) dont nous avons parlé, c’est-à-dire se relier et se fondre dans la lumière de l’Infini, grâce à la sainteté de la Torah et des mitsvot, qui tirent leur origine de cette lumière resplendissante.

De là vient aussi que la mitsva des téfilines soit liée aux yeux, comme il est écrit (Exode 13:16) : « …et comme fronteau entre tes yeux »2, car la lumière principale des téfilines provient de la réparation du regard. C’est en dirigeant le regard vers le takhlit (c’est-à-dire la finalité) que l’on attire l’éclat du reshimou qui en émane. C’est de cette lumière que provient la grande lumière des téfilines, comme nous l’avons vu.

X

C’est pourquoi la mitsva du tekhelet représente l’union du noir et du blanc, comme cela est connu3. Comme il est écrit ailleurs (Liqouté Moharan I, §18), cela correspond à l’ensemble de la Torah, qui est comparée à un feu noir sur fond de feu blanc. Toute la Torah provient de ce niveau : la contemplation du takhlit (la finalité) qui constitue en soi un commandement — celui de le contempler en permanence, comme il est dit : « Vous le verrez et vous vous souviendrez… », comme expliqué plus haut.

XI

C’est cela le sens du mot mitsva, qui exprime l’idée de connexion — du mot tsavta (compagnie, lien, attachement). Avec chaque mitsva de la Torah, on établit un lien, on attache, on unit la lumière du reshimou (l’empreinte de la lumière) aux réceptacles de l’intellect (qelim ha-mo‘hin). Grâce à cela, on se relie véritablement à Hachem, béni soit-Il. À l’inverse, une transgression (‘avéra), à Dieu ne plaise, vient du mot ‘avar (passer, s’éloigner) : par la faute, cette lumière du reshimou s’éloigne et se retire.

C’est pourquoi une mitsva entraîne une autre mitsva, et une transgression entraîne une autre transgression : par la mitsva, on attire à soi cette illumination, on s’attache à Hachem — et grâce à cela, une nouvelle lumière de sainteté descend sur soi, celle des autres mitsvot, qu’on mérite alors d’accomplir, car toutes les mitsvot tirent leur force de cette lumière. Et inversement, dans le cas d’une transgression, à Dieu ne plaise.

Toute la sainteté d’Israël réside dans ce mérite : parvenir à ce takhlit (finalité) dont nous avons parlé, c’est-à-dire se relier et se fondre dans la lumière de l’Infini, grâce à la sainteté de la Torah et des mitsvot, qui tirent leur origine de cette lumière resplendissante. Heureux celui qui s’efforce à chaque instant d’attirer sur lui cette lumière ! Heureux est-il !

(Ora’h ‘Haïm – Lois de Netilat Yadaïm du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)

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