Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 10
Le visage qui redonne la vie
Article précédent : Élever sans repousser
XII
C’est pourquoi le miracle de ‘Hanouka s’accomplit par l’intermédiaire des Cohanim, car le Cohen représente l’attribut de ‘Hessed (bonté) (Zohar, Nasso 145b), à l’image d’Avraham. Par ce biais, la Malkhout (Royauté) est séparée des quatre empires et reçoit sa vitalité de la lumière de la Face divine, qui resplendit durant les trois fêtes de pèlerinage, comme mentionné plus haut.
C’est aussi pour cette raison que la fête est appelée ‘Hanouka, en référence à la dédicace du Temple qui eut lieu en ces jours-là1. L’essence même de la lumière de la Face divine (Or HaPanim) réside dans le Temple, où l’on montait en pèlerinage pour la recevoir. C’est cela l’aspect de ‘Hanouka : raviver la Royauté par la lumière de la Face divine, afin de mériter ainsi la perception de la divinité. Telle est l’essence même de l’allumage des lumières de ‘Hanouka, comme mentionné précédemment.
XIII
Cela correspond à ce qui est dit (Proverbes 6:23) : « Car le commandement est une lampe et la Torah est une lumière, et les réprimandes de la morale sont le chemin de la vie. » Comme il est expliqué dans la Torah mentionnée plus haut2, c’est par le biais de la réprimande (Tokha’ha) que se révèle la bonté (‘Hessed), laquelle permet de réparer la Malkhout, qui est la Hokhmah Tata’a (la sagesse inférieure). C’est ainsi que l’on mérite d’atteindre la perception de la divinité (voir là-bas). En effet, grâce au ‘Hessed, la Royauté est séparée des quatre empires et reçoit sa vitalité de la lumière de la Face divine (Or HaPanim), etc.
C’est le sens du verset : « Car le commandement est une lampe et la Torah est une lumière » – cela correspond à la perception de la divinité à travers les contractions (Tsimtsoumim), d’où émanent toutes les lumières et l’allumage de toutes les lampes sacrées, comme mentionné plus haut. Cela fait également écho à la lumière de ‘Hanouka, comme expliqué précédemment. On mérite cela par : « Et les réprimandes de la morale sont le chemin de la vie » – c’est-à-dire par la réprimande et l’enseignement moral (To’ha’hat Moussar), qui correspondent à la Tokha’ha mentionnée plus haut. Par ce biais, on mérite d’atteindre le ‘Hessed (bonté), comme expliqué précédemment, ce qui permet de redonner vitalité à la Malkhout.
Bien que la Torah et les mitsvot soient toutes deux des formes de contractions permettant d’accéder à la perception de la divinité, comme mentionné plus haut, il existe néanmoins plusieurs niveaux dans ces contractions et ces concepts intellectuels.
C’est le sens de « Et les réprimandes de la morale sont le chemin de la vie » – car par la réprimande et l’enseignement moral (Tokha’hat Moussar), on attire la vitalité permettant de revivifier la Royauté, qui correspond à la Hokhmah Tata’a mentionnée plus haut. Grâce à cela, on mérite d’atteindre la perception de la divinité à travers les contractions (Tsimtsoumim), ce qui correspond à « Car le commandement est une lampe et la Torah est une lumière », comme expliqué précédemment.
C’est pourquoi la mitsva est appelée ner (lampe) et la Torah or (lumière). En effet, bien que la Torah et les mitsvot soient toutes deux des formes de contractions (Tsimtsoumim) permettant d’accéder à la perception de la divinité, comme mentionné plus haut, il existe néanmoins plusieurs niveaux dans ces contractions et ces concepts intellectuels. Car il est nécessaire d’éclairer d’un niveau d’intellect à un autre, et d’une contraction à une autre, comme expliqué là-bas. Ainsi, par rapport aux mitsvot, la Torah est considérée comme une lumière par rapport à une lampe. Il faut traverser de nombreuses contractions et degrés d’intellect pour mériter d’atteindre la perception de la divinité. Celle-ci est assimilée à une lumière et une lampe qui éclairent l’homme à la mesure de ce qu’il lui est donné d’atteindre. Heureux celui qui y parvient !
XIV
Ceci correspond à la mitsva de la visite des malades (Bikour ‘Holim), qui implique non seulement de leur rendre visite, mais aussi de leur témoigner un visage bienveillant. Cela signifie que les visiteurs viennent le voir, veillent à ses besoins et prennent soin de lui, comme il est écrit dans le Shoul’han ‘Aroukh (Yoré Déa 335:8). Cet acte représente une illumination du visage, car ils ne l’ignorent pas et ne restent pas reclus chez eux. Au contraire, ils viennent à lui, pourvoir à ses besoins et l’encourager, autant d’attitudes qui relèvent d’une manifestation de lumière et de bienveillance. Grâce à cela, ils attirent sur lui une vitalité issue de l’illumination du visage divin d’En-Haut, d’où provient l’essence même de la vie, afin de redonner au malade la force de vivre, comme il est dit (Proverbes 16:15) : « La lumière du visage du roi apporte la vie »3, ainsi qu’il est expliqué dans l’enseignement mentionné plus haut.
C’est pourquoi il est dit : « La Shekhina repose au-dessus du chevet du malade » (Chabbat 12b), comme il est écrit (Psaumes 41:4) : « Hachem le soutiendra sur son lit de souffrance ; Tu as transformé tout son couchage…4 ». Cela correspond à l’aspect mentionné plus haut : c’est précisément en raison de sa maladie que la lumière de la Shekhina repose sur lui. Celle-ci correspond à la lumière du véritable Tsadiq, qui veille sur tous les malades, et en particulier sur ceux qui sont le plus gravement atteints, ceux dont « tout leur couchage est transformé par leur maladie ». C’est à leur sujet que le Tsadiq porte une attention particulière, afin d’attirer vers eux les forces de guérison – leur redonnant vie aussi bien matériellement que spirituellement, pour leur permettre d’accéder à des perceptions de la divinité, comme mentionné plus haut.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
Poursuivre la lecture…




