Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 12
La lumière qui cherche les éloignés
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XV
C’est pour cela que les pauvres tournent [autour des maisons] pendant ‘Hanouka pour recevoir de l’argent de ‘Hanouka (Maguen Avraham, Siman 670)1. Cela correspond à l’illumination du Visage d’en haut, car le Nom béni soit-Il fait rayonner Sa face sur nous, à l’intérieur même de nos maisons, comme mentionné précédemment. En effet, il est impossible de recevoir la lumière du visage du Roi de vie si ce n’est par la tsedaqa, ainsi qu’il est écrit (Psaumes 17:15) : « Moi, dans la justice, je verrai Ton visage »2.
C’est pourquoi, lors des régalim (fêtes de pèlerinage), où il est nécessaire de monter en pèlerinage (aliyat regel) au Beit HaMiqdash (Temple) pour recevoir la lumière du Visage3, il est donc requis que chacun, selon ses moyens, apporte l’Olat Re’iya (offrande de présentation), ainsi qu’il est écrit (Devarim 16:16) : « Et l’on ne se présentera pas devant Hachem les mains vides… »4.
Mais lors des régalim, où il est nécessaire de monter à la Maison d’Hachem pour recevoir la lumière du visage [divin], il faut apporter le qorban (sacrifice), qui est l’offrande de son cœur, un aspect de la tsedaqa. Il faut se donner la peine de l’apporter à la Maison d’Hachem.
Mais à ‘Hanouka, ce sont les pauvres qui entrent à l’intérieur de la maison. Ils représentent les « récipients brisés » (Ma’anin Tevirin Dileh – Introduction au Zohar 10)5 6, en lesquels réside la Shekhina, lumière de Son visage, comme il est écrit (Isaïe 57:15) : « Je réside également avec les cœurs contrits »7.
C’est pourquoi, lorsque le Nom béni soit-Il aime quelqu’un et veut lui accorder l’illumination de Sa Face, Il lui envoie un pauvre afin qu’il ait le mérite de lui venir en aide. Comme il est dit dans le Zohar haQadosh (Vayéra 104) : « Celui que le Saint Béni soit-Il aime, Il lui envoie un présent sous la forme d’un pauvre. »
Ainsi, à ‘Hanouka, qui est précisément le moment où le Nom béni soit-Il fait rayonner Sa Face à l’intérieur de nos maisons, dans Sa miséricorde, Il nous envoie des pauvres dans nos maisons afin que nous ayons le mérite [de leur donner la tsedaqa]. Car c’est par eux que nous pouvons recevoir la lumière du visage divin qui illumine alors nos foyers, comme mentionné précédemment.
Cette controverse [entre Beit Shammaï et Beit Hillel] correspond en réalité au principe général de la polémique qui, dans chaque génération, s’élève contre les Tsadiqim parfaits qui s’investissent pour rapprocher les âmes éloignées du Nom béni soit-Il.
XVI
Ceci est l’explication de la controverse entre Beit Shammaï et Beit Hillel8, mentionnée plus haut, concernant l’élévation des âmes très, très éloignées, qui, selon l’aspect strict de la loi, ne mériteraient pas d’être rapprochées. Beit Shammaï disent : Poh’et VeHolekh (« on diminue progressivement ») – afin de cacher la lumière pour qu’elles ne s’approchent pas. Beit Hillel disent : Mosif VeHolekh (« on augmente progressivement ») – car il est nécessaire de créer des réceptacles et des limitations de ce type, de manière à pouvoir faire rayonner Sa lumière bénie même en ces âmes, afin qu’elles puissent aussi se rapprocher, comme mentionné précédemment.
Cette controverse [entre Beit Shammaï et Beit Hillel] correspond en réalité au principe général de la polémique qui, dans chaque génération, s’élève contre les Tsadiqim parfaits qui s’investissent pour rapprocher les âmes éloignées du Nom béni soit-Il. En effet, de nombreuses personnes se dressent contre eux, et même parmi les grands Tsadiqim, certains s’opposent à eux.
Cela provient du fait que la Midat Hadin (attribut de Rigueur)9 s’habille en eux, et à travers cela, une forme d’amertume pénètre leur cœur, au point qu’ils ont l’impression que ces Tsadiqim n’agissent pas correctement, et ils s’opposent à eux – comme cela s’est produit à maintes reprises au cours des générations.
Cela est d’autant plus vrai en notre époque, dans les talons du Machia’h (Ikveta deMeshicha)10, où les controverses entre les Talmidé ‘Hakhamim se sont multipliées de manière extrême (Ketouvot 112b).
Encore plus envers notre maître11, grand et redoutable – que la mémoire du Tsadiq et du saint soit une bénédiction – qui a donné sa vie sans compter et s’est consacré toute son existence à avoir de la miséricorde envers Israël, en particulier à l’égard des éloignés, pour les rapprocher du Nom béni soit-Il.
Cela correspond à la controverse des Shevatim (tribus) contre Yossef HaTsadiq12. Car Yossef représente le Tsadiq qui s’investit pour rapprocher [les âmes] du Nom béni soit-Il, en ajoutant continuellement de la lumière chaque jour. En effet, il réalise constamment des tsimtsoumim (contractions) et crée des réceptacles extraordinaires, permettant à quiconque le désire dans le monde de se rapprocher [de la divinité]13.
C’est pour cela qu’il est appelé « Yossef », car il incarne l’idée de Mossif VeHolekh (« ajouter et faire croître la lumière »), comme mentionné précédemment. D’autre part, les Shevatim, bien qu’ils fussent tous saints et qu’ils aient tous été de grands Tsadiqim, se sont opposés à lui pour cette raison, comme expliqué plus haut.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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