Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 2
Le sommeil de l’intellect, l’éveil de la foi
Article précédent : Réveiller l’aube intérieure
C’est-à-dire que tant qu’il est possible d’utiliser cet intellect dans la sainteté, en tant que moyen pour parvenir à la compréhension de la divinité, il s’agit d’une grande mitsva de l’employer autant que possible – chacun selon son niveau.
Mais lorsque l’intellect commence à faiblir et que les confusions prennent le dessus – ce qui découle du principe mentionné précédemment, à savoir que les sagesses extérieures, représentant les quatre empires, cherchent à s’imposer et à attirer cet intellect vers elles1 –, alors il est nécessaire de dormir. Cela correspond au retrait de la conscience, c’est-à-dire au fait d’écarter totalement son intellect, et c’est là le principe même du sommeil.
C’est pourquoi, durant le sommeil, l’âme, qui est l’intellect, entre dans l’émouna (la foi), comme il est écrit : « Elles se renouvellent chaque matin, infinie est Ta bienveillance »2 (Lamentations 3:23). En effet, à ce moment-là, il faut complètement écarter l’intellect et ne s’appuyer que sur l’émouna seule.
C’est également pour cette raison que, durant le sommeil, la Sitra DeMota (le côté de la mort) domine3, comme il est mentionné dans le saint Zohar (Bamidbar 119a). À ce moment-là, la vitalité qui découle de la lumière du Panim (lumière divine) se retire, et les quatre royaumes, qui sont la Sitra DeMota, prennent le dessus. Ainsi, le maintien de l’existence repose alors principalement sur la foi, à travers la récitation du Kriat Shema avant de dormir4, récitée avec concentration, car elle représente l’émouna.
C’est ce que signifie : « Je mets l’Éternel devant moi toujours » – c’est-à-dire que la personne mérite de connaître Hachem, béni soit-Il, et d’atteindre la perception de Sa divinité, au point de toujours Le placer devant elle et de ne jamais L’oublier.
Lorsque les sagesses extérieures, qui englobent toutes les sortes de confusions présentes dans le monde, ainsi que toutes les mauvaises pensées, les idées étrangères et les préoccupations négatives – toutes issues des kelipot, qui correspondent aux quatre royaumes et aux sagesses extérieures – commencent à dominer l’intellect, alors il faut écarter totalement le da’at (la conscience) et s’appuyer uniquement sur la foi. C’est cela l’aspect du sommeil, qui représente le retrait du da’at, moment où l’âme entre dans l’émouna, comme il est expliqué ailleurs (Liqouté Moharan I, leçon 35).
Bien que le sommeil soit un grand bienfait, il faut néanmoins s’efforcer de ne pas dormir excessivement. C’est pourquoi il faut se renforcer comme un lion pour se lever le matin, briser le sommeil et se consacrer à l’étude de la Torah et à la prière. Cela permet de détacher et d’élever la Malkhout – qui est la Hokhma Tata’a – hors de l’influence des forces extérieures, afin de mériter ainsi les perceptions de la divinité, comme mentionné précédemment.
C’est ce que signifie : « Je mets l’Éternel devant moi toujours » – c’est-à-dire que la personne mérite de connaître Hachem, béni soit-Il, et d’atteindre la perception de Sa divinité, au point de toujours Le placer devant elle et de ne jamais L’oublier, ne serait-ce qu’un instant.
IV
Voici l’explication de ce verset (Psaumes 16:8) : « Je mets l’Éternel devant moi toujours »5 – cela fait référence aux perceptions de la divinité, comme mentionné plus haut. « S’Il est à ma droite, je ne chancellerai pas » – en effet, l’édification de la Malkhout, qui correspond à la sagesse inférieure mentionnée précédemment, repose principalement sur l’aspect de la droite, qui représente la bonté (‘hessed), comme cela est expliqué là-bas. C’est par cette bonté que la Malkhout est séparée des quatre royaumes et élevée vers la lumière de la Face divine, qui brille durant les trois fêtes de pèlerinage, correspondant à la joie du cœur suscitée par l’accomplissement des mitsvot tout au long de l’année6, etc. Consultez là-bas pour davantage de détails.
Grâce à cela, « S’Il est à ma droite, je ne chancellerai pas » – c’est-à-dire que par l’aspect de la droite, qui représente la bonté (‘hessed), je ne trébucherai pas. Mon intellect ne s’égarera pas vers les sagesses extérieures, à Dieu ne plaise. Au contraire, je mériterai de l’élever, jusqu’à atteindre, par son intermédiaire, les perceptions de la divinité, ce qui correspond à : « Je mets l’Éternel devant moi toujours », comme mentionné plus haut.
C’est cela : « C’est pourquoi mon cœur se réjouit et mon âme jubile »7 (Psaumes 16:9). « Mon cœur se réjouit » – cela fait référence à la joie du cœur engendrée par l’accomplissement des mitsvot. Cette joie correspond à la lumière de la Face divine (Or haPanim) qui brille lors des trois fêtes de pèlerinage. De là provient la vitalité de la Royauté, qui est l’aspect du Kavod (Gloire), à savoir « Melekh haKavod » (le Roi de gloire)8. Lorsqu’il est écrit : « C’est pourquoi mon cœur se réjouit », cela fait référence à la lumière de la Face divine des trois fêtes, conformément au verset : « Un cœur joyeux illumine la face »9 (Proverbes 15:13). Grâce à cela : « Mon âme jubile », car la joie et la vitalité s’étendent jusqu’à la Malkhout, qui est l’aspect de la Gloire (Kavod).
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
Poursuivre la lecture…




