Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 3
Lorsque la lumière atteint le corps
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« Mon corps même repose en sécurité » (Psaumes 16:9) – cela fait référence à la chair du corps. Car l’homme a été créé pour soumettre son corps par l’effort et la persévérance dans la Torah et les mitsvot, comme il est dit : « L’homme est né pour la douleur »1 (Job 5:7) ; ce qui fait référence à la peine dans l’étude de la Torah, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie (Sanhedrin 99b). Il faut se consacrer à la Torah et au service divin, se sanctifier et se purifier à un tel degré que l’on mérite d’illuminer même son corps avec la lumière des perceptions divines de l’Éternel, béni soit-Il.
Le grand et véritable Tsadiq guide les âmes à travers d’extraordinaires détours et des contractions spirituelles, jusqu’à ce que la perception de la divinité illumine même le corps, alors que l’on est encore en ce monde matériel. Ainsi, cette lumière atteint également le corps, car c’est là l’accomplissement ultime : faire parvenir au corps les lumières et perceptions que l’âme perçoit. Comme il est dit dans la Torah2 : « Un sceau à l’intérieur d’un sceau » (Liqouté Moharan, leçon 22).
J’ai la certitude que « Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol », car « Tu ne laisseras pas Ton fidèle voir l’abîme ».
Cela correspond à « Mon corps même repose en sécurité » (Psaumes 16:9) ; c’est-à-dire que même la chair du corps peut être en sécurité, car l’homme peut mériter, en ce monde et de son vivant, d’atteindre la connaissance de son Créateur. Ceci est possible grâce à l’éclairage du véritable Tsadiq, qui illumine en lui les perceptions de la divinité, comme mentionné précédemment.
Voici l’explication du verset (Psaumes 16:10) : « Car Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol3. »4 L’âme (nefesh) correspond à l’aspect de la Malkhout (Royauté), comme cela est connu (Tikkouné Zohar 49), laquelle est liée à la sagesse inférieure, mentionnée plus haut. Ainsi, « Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol » signifie que mes parcelles de Malkhout, mon aspect de sagesse inférieure, ne tomberont pas sous l’influence des sagesses extérieures, qui représentent la Sitra A’hara (le côté de l’impureté) et les kélipot (forces d’impureté). Celles-ci cherchent constamment à dominer l’âme de l’homme, qui est son intellect, alors que cet intellect doit précisément l’amener à la perception de la divinité, comme mentionné précédemment.
Mais j’ai la certitude que « Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol », car « Tu ne laisseras pas Ton fidèle voir l’abîme ». Le terme « Ton fidèle » fait référence ici au maître, le Tsadiq authentique, qui se consacre à ma réparation spirituelle. Grâce à son mérite et à sa force, j’ai l’assurance que « Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol », car « Tu ne permettras pas à Ton fidèle » – c’est-à-dire au maître, au Tsadiq authentique – « de voir la destruction ». Autrement dit, il ne sera pas contraint de contempler sans cesse la chute spirituelle, car il ne devra pas regarder ni s’attarder là-bas en permanence pour nous en élever.
Si, à Dieu ne plaise, je me trouve dans le Sheol ou dans la destruction (Shahat), alors le maître, le Tsadiq authentique, y portera assurément son regard en tout temps, avec une grande affliction, afin de nous en élever. En effet, il se consacre sans cesse à ma réparation spirituelle. C’est pourquoi, grâce à son mérite et à sa force, j’ai l’assurance que « Tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol », afin que « Tu ne permettes pas à Ton fidèle » – qui est le Tsadiq authentique – « de voir la destruction », comme mentionné plus haut.
À propos du verset (Psaumes 16:11) : « Tu me feras connaître le chemin de la vie ; la plénitude des joies qu’on goûte en Ta présence »5, cela signifie : Tu me feras connaître le chemin et la voie pour parvenir à la véritable vie, en attirant la vitalité nécessaire pour revivifier l’aspect de la Malkhout, la sagesse inférieure mentionnée précédemment. Cela se réalise par la lumière de la Face divine qui brille durant les trois fêtes de pèlerinage (Shalosh Regalim), correspondant à la joie du cœur, comme il est dit : « Plénitude des joies en Ta présence… », comme mentionné plus haut.
V
Cela correspond au concept de se lever à ‘hatsot (minuit).
Il est nécessaire de se renforcer grandement pour se lever à Hatsot et pleurer intensément la destruction du Temple. Par cela, la Royauté s’élève principalement en étant retirée des forces extérieures et des kélipot mentionnées précédemment, comme il est connu dans les intentions kabbalistiques (Kavanot) (Peri ‘Etz ‘Haïm, Hatsot, chapitre 1).
Pleurer la destruction du Temple revient à participer à sa reconstruction, comme il est dit : « Quiconque pleure [sur la destruction de Jérusalem] méritera et verra sa joie » (Taanit 30b). Par cet acte, on attire sur soi la sainteté du Temple, où réside essentiellement la lumière de la Face divine (Or haPanim), laquelle est reçue lors des trois fêtes de pèlerinage, où il fallait monter au Temple pour voir la Face de l’Éternel et recevoir cette lumière, comme cela est expliqué dans l’enseignement mentionné précédemment6.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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