Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 4
Chercher la Face dans la nuit
Article précédent : Lorsque la lumière atteint le corps
Ainsi, la principale révélation de la lumière de la Face divine se trouve dans le Temple. C’est pourquoi il est nécessaire de se lever à ‘hatsot et de pleurer profondément la destruction du Temple. Par cela, on méritera, chacun selon son niveau, de contempler sa joie1 et d’attirer sur soi la vitalité provenant de la lumière de la Face divine qui y resplendit, afin de vivifier l’aspect de la Malkhout, qui correspond à la sagesse inférieure, et ainsi parvenir aux perceptions de la divinité, comme mentionné précédemment.
C’est pour cette raison que l’ascension en pèlerinage est évoquée dans la prière de Tikoun ‘Hatsot, à travers le psaume « Comme la biche aspire… »2 (Psaumes 42) où il est dit (verset 5) : « Je me rappelle le temps… où je m’avançais au milieu de rangs pressés, marchant en procession avec eux vers la maison d’Hachem. »3 Cela fait référence au fait qu’on montait en pèlerinage au Temple, comme l’explique Rachi à cet endroit.
Cela correspond aux trois occurrences du mot « Panim » (Face) que l’on mentionne dans ce psaume, comme il est dit : « Pourquoi te désoles-tu, mon âme ? (…) J’aurai encore à Le louer : Sa face apporte le salut. » (Psaumes 42:6). De même, ce terme apparaît trois fois (ibid. verset 12, ainsi que dans Psaumes 43:5)4, en correspondance avec les trois occasions annuelles où l’on montait en pèlerinage pour recevoir la lumière de la Face divine, comme mentionné plus haut.
C’est pourquoi il faut pleurer amèrement et crier intensément à ‘hatsot sur la destruction du Temple, etc., afin de s’unir à la Shekhina et à tous ceux qui souffrent de son exil.
C’est pourquoi il est nécessaire de se consacrer à l’étude de la Torah à ‘hatsot (minuit), car chaque lettre de la sainte Torah constitue une mesure et une contraction sacrée permettant d’accéder à la perception de Sa divinité, béni soit-Il, comme il est écrit là-bas (dans la section 3).
Grâce à l’étude de la Torah accomplie à ce moment-là, durant la nuit, un fil de bonté (‘hessed) est attiré sur nous durant la journée, comme l’ont enseigné nos Sages (‘Haguiga 12b). Par ce ‘hessed, la Royauté est détachée5 et reconstruite dans sa perfection à l’aube6, conformément au verset (Isaïe 16:5) : « Ainsi un trône sera affermi par la bonté (‘hessed) »7, comme expliqué plus haut dans l’enseignement précité (section 6), et comme cela est mentionné dans les kavanot (Pri Ets ‘Haïm, ibid.).
VI
C’est pourquoi il faut pleurer amèrement et crier intensément à ‘hatsot sur la destruction du Temple, etc., afin de s’unir à la Shekhina8 et à tous ceux qui souffrent de son exil. Il est insoutenable d’entendre les cris et les lamentations qui s’élèvent lorsque la Malkhout chute entre les forces adverses, comme il est écrit dans l’enseignement précité : « Qui pourrait supporter le son de ces cris… » Consultez là-bas pour plus de détails.
L’essentiel du cri doit être dirigé avant tout vers la disparition des véritables Tsadiqim, ceux qui s’efforçaient d’insuffler en nous la perception de la divinité. Désormais, nous sommes orphelins, sans guide. Il est indispensable de rechercher ardemment un véritable Tsadiq, comme mentionné plus haut. C’est pourquoi nous devons pleurer et crier intensément devant Hachem, béni soit-Il, afin qu’Il ait pitié de nous et qu’Il restaure la couronne à son état originel en nous envoyant rapidement de véritables Tsadiqim, qui œuvreront pour notre rectification spirituelle et nous illumineront de la perception divine. C’est ainsi qu’ils nous conduiront vers la finalité ultime pour laquelle nous avons été créés.
Car il est impossible d’y parvenir autrement que par l’intermédiaire d’un grand et authentique Tsadiq, dont l’élévation spirituelle est d’un niveau extrêmement élevé, et qui possède la capacité de guérir les âmes malades et brisées, comme nous le sommes en cette époque des « talons du Messie » (‘ikvot Meshikha)9, ce que chacun peut reconnaître en lui-même.
VII
Il faut chasser le sommeil de ses yeux et le repos de ses paupières10, chercher sans relâche et multiplier prières et supplications, afin de mériter de trouver le Tsadiq véritable, qui pourra le guérir et lui insuffler une perception de la divinité, afin de sauver son âme de la perdition (sh’hat)11.
Comme l’a crié à ce sujet le roi Salomon, paix sur lui, dans le livre des Proverbes, comme il est écrit (6:4-5) : « N’accorde pas de sommeil à tes yeux ni de repos à tes paupières ; sauve-toi comme une gazelle de la main du chasseur et comme un oiseau de la main de l’oiseleur. » Cela s’accomplit en cherchant et en trouvant le Tsadiq véritable, le guide authentique, qui rapprochera [l’homme] de l’Éternel, béni soit-Il, comme il est écrit dans le verset précédent, immédiatement avant celui-ci (Proverbes 6 :3) : « Accomplis donc ceci, mon fils, pour recouvrer ta liberté, puisque tu es tombé au pouvoir d’autrui : va, humilie-toi et implore ton compagnon. »
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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