Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 5
Chercher le Tsadiq dans la nuit
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Rachi commente : « Aie de nombreux compagnons qui prieront pour toi devant Lui. » C’est-à-dire qu’il s’agit des Tsadiqim véritables, qui sont appelés frères et amis de l’Éternel, béni soit-Il1. Ainsi, il faut s’humilier comme un seuil foulé et écrasé sous les pas, et les rechercher de toutes ses forces, jusqu’à les mériter. (Comme Rachi l’explique à propos de « va, humilie-toi », voir là-bas.)
C’est ce qui est écrit juste après (Proverbes 6 :10-11) : « Ah ! dormir encore un peu, rester un peu assoupi, entrelacer un peu les mains pour se reposer ! Cependant, la pauvreté s’introduit chez toi comme un rôdeur, et la misère comme un guerrier armé. » Ce qui signifie qu’il faut réduire le sommeil et l’assoupissement afin de rechercher le Tsadiq véritable, qui est appelé « rôdeur » et « homme armé ». Les Tsadiqim sont appelés « ceux qui marchent », car ils progressent constamment de niveau en niveau, comme il est écrit (Zacharie 3 :7) : « Je te donnerai accès parmi ceux qui se tiennent immobiles. »2 De plus, le Tsadiq est aussi appelé « homme armé », car il protège tous ceux qui cherchent refuge en lui3.
C’est cela [le sens du verset] : « Ah ! dormir encore un peu, rester un peu assoupi… », jusqu’à ce que tu mérites que vienne « comme un rôdeur ». Rachi explique : « Ces choses dont tu es démuni, ton manque sera comblé… » Cela signifie que tout ce dont tu es dépourvu, tout ce qui te manque, aussi bien matériellement que spirituellement, te parviendra rapidement comme un rôdeur et comme un homme armé, c’est-à-dire en fonction du niveau du Tsadiq que tu mérites de trouver – car il est appelé « rôdeur » et « homme armé ».
Quiconque prend soin de son âme doit crier de toutes ses forces pour mériter, même à présent, de trouver un maître et un guide véritable, qui pourra lui insuffler la connaissance de la divinité, béni soit-Il.
Ainsi, tout ce qui te fait défaut, tout ce dont tu es dépourvu, te sera accordé. Car tous les manques sont comblés par le Tsadiq, car il est celui qui attire toutes les influences, matérielles et spirituelles, en insufflant la connaissance de la divinité à ceux qui se rattachent à lui. Par cela, tous les manques sont comblés, comme il est dit (Nedarim 41a) : « Si tu as acquis la connaissance, que te manque-t-il ? »
C’est pourquoi il faut briser le sommeil et se lever à ‘hatsot (minuit) pour se lamenter, pleurer et crier intensément sur la destruction du Beit HaMikdash (Temple de Jérusalem) et l’extrême amertume de l’exil, aussi bien dans le corps que dans l’âme. À plus forte raison, il faut pleurer et crier très, très intensément sur la disparition des Tsadiqim, car celle-ci est deux fois plus difficile que la destruction du Temple, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Midrash Eikha Rabba 1:37) : « Toutes les souffrances, à Dieu ne plaise, que nous endurons, proviennent de cela », comme il est écrit (Isaïe 57: 1) : « Le Tsadiq périt, et nul ne prend cela à cœur… Car c’est face à la perversité [régnante] que le Tsadiq est retiré. »4
C’est pourquoi quiconque prend soin de son âme doit crier de toutes ses forces pour mériter, même à présent, de trouver un maître et un guide véritable, qui pourra lui insuffler la connaissance de la divinité, béni soit-Il. Grâce à cela, tous les manques seront comblés, toutes les souffrances seront annulées, et tout sera réparé.
VIII
Cela correspond au fait de mettre ses chaussures, car il faut d’abord chausser la droite, puis nouer la gauche en premier (Shoulkhan Aroukh, Siman 2, Sé’if 4). Cette règle est apprise des tefillines, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « De même que pour les tefillines, ainsi pour les chaussures. » (Chabbat 61a).
Les chaussures sont une protection pour les pieds (Sha’ar HaKavanot, Droushei Birkot HaShachar)5, car ces derniers doivent être particulièrement préservés afin d’être élevés au-dessus des forces extérieures impures qui les entourent. En effet, les pieds correspondent à la ‘Hokhma Tata’a (sagesse inférieure), représentant l’ultime degré de contraction divine, mentionné précédemment. Il est donc nécessaire de les détacher des quatre empires (les royaumes impies) et de les élever vers la lumière de la Face divine qui se manifeste lors des Trois Fêtes de pèlerinage, comme évoqué plus haut. C’est de là que procède l’aspect spirituel des chaussures, qui protègent les pieds des influences extérieures.
C’est cela [le sens de l’enseignement] : « De même que pour les tefillines », qui représentent la lumière de la Face divine, comme il est connu (Pri Etz ‘Haïm, Sha’ar HaTefillin, chapitre 3) : « ainsi pour les chaussures », car c’est de là que procède leur aspect spirituel, celles-ci constituant une protection pour les pieds. (Voir tout cela en détail dans les lois de ‘Halitsa, qui sont incluses dans les lois de Guitin, Halakha 4.)6
C’est pourquoi il faut chausser d’abord la chaussure droite, car l’essentiel réside dans l’aspect de la droite, qui correspond à la Mida de ‘Hessed (bonté). Par cela, on la sépare de certaines influences et on la reconstruit, comme mentionné plus haut.
C’est pourquoi, pour nouer les lacets, on commence par la chaussure gauche, à l’image des tefillines, où l’on attache d’abord celle du bras gauche7. Car le fait de nouer les tefillines de la main sur le bras gauche est dû au fait qu’il est impossible de recevoir le ‘Hessed (bonté) sans réprimande, comme il est écrit là-bas (voir la source citée). La réprimande (Tokha’ha) correspond à l’attribut de Guevoura (rigueur), qui est associé à la gauche.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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