Hanouka et la sagesse du Tsadiq - 8
Une lumière pour les plus éloignés
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Mais à ‘Hanouka, l’allumage se fait par un miracle extraordinaire, car à ce moment-là, la Malkhout ne s’élève pas autant, étant donné qu’il s’agit de jours de semaine. En effet, les kélipot, qui correspondent aux quatre empires, ne sont pas totalement annulées, comme elles le sont durant Chabbat et les jours de fête. Pourtant, nous allumons malgré tout cette lumière sacrée, qui contient toutes les unifications et correspond à l’attirance de la perception de la divinité à travers les tsimtsoumim.
Ceci correspond à l’aspect mentionné plus haut : les Tsadiqim d’une très grande élévation attirent de telles rectifications prodigieuses qu’ils parviennent à illuminer l’aspect de la perception de la divinité à travers les contractions (Tsimtsoumim), jusque dans les niveaux les plus bas. Cela correspond à « en dessous de dix téfa’him », niveau où la Shekhina n’est jamais descendue (Soukka 5a)1.
Or, en raison de la puissance du miracle, c’est précisément à cet endroit que l’on allume aujourd’hui la lumière sacrée et redoutable de ‘Hanouka. Celle-ci représente l’attirance de la perception divine à travers les Tsimtsoumim, en la faisant descendre toujours plus bas, afin d’illuminer chaque membre du peuple d’Israël, y compris ceux qui désirent la recevoir mais se trouvent dans les états les plus déchus, et même ceux dont l’âme est profondément affectée par la multitude de leurs fautes. Par cette lumière, eux aussi peuvent bénéficier d’un éclat issu de la perception divine.
Cela est rendu possible grâce à la puissance immense des Tsadiqim d’une élévation exceptionnelle, qui attirent dans le monde la force du miracle de ‘Hanouka. Ainsi, même durant les jours de semaine, où l’élévation de la Malkhout, qui représente la Hokhmah Tata’a, ne peut encore s’accomplir pleinement, il reste possible d’attirer la lumière de la perception divine à travers les contractions, jusque dans les niveaux les plus bas.
Leur force est telle qu’ils peuvent illuminer même les degrés les plus inférieurs, jusqu’à toucher ceux qui sont les plus éloignés spirituellement et guérir les âmes les plus gravement atteintes. C’est cela l’allumage des lumières de ‘Hanouka sous la limite de dix téfa’him, comme mentionné plus haut.
Cela correspond à ce qui est dit (Psaumes 23:4) : « Dussé-je suivre la sombre vallée de la mort, je ne craindrais aucun mal, car Tu serais avec moi. »2 Ainsi qu’à ce verset (Michée 7:8) : « Si je suis confinée dans les ténèbres, Hachem est une lumière pour moi. 3»4 Autrement dit, la lumière de la perception divine est attirée jusque dans les profondeurs de l’obscurité, à l’image de la « sombre vallée de la mort », afin d’illuminer même ceux qui sont tombés au plus bas. Ainsi, eux aussi reçoivent une illumination et une connaissance de la divinité, leur permettant d’être guéris, réparés et ramenés vers Lui.
XI
Cela correspond à la controverse entre Beit Shammaï et Beit Hillel (Chabbat 21b)5, où Beit Shammaï disent : « On diminue et on va en décroissant », tandis que Beit Hillel disent : « On ajoute et on va en augmentant. »6
Beit Shammaï suivent leur logique, comme l’ont dit nos Sages (Chabbat 31a) : Shammaï était rigoureux, et à cause de cela, il repoussait les convertis qui souhaitaient se joindre au peuple juif, les chassant avec une règle de mesure7. Mais Hillel, par sa grande humilité, les accueillait avec bienveillance, même lorsqu’ils n’étaient pas dignes de se rapprocher et qu’ils exprimaient des demandes étranges et insensées – comme lorsqu’un converti lui demanda d’apprendre toute la Torah debout sur un pied ! Pourtant, Hillel ne les repoussa pas, mais les attira par sa sagesse et son humilité extraordinaires.
Beit Shammaï estiment que lorsque les Tsadiqim atteignent une grande lumière, celle-ci doit être voilée. Plus leur perception spirituelle s’intensifie, plus cette lumière doit être dissimulée, afin que les impies et les éloignés n’en bénéficient pas.
C’est pourquoi Beit Shammaï, disciples de Shammaï, qui, en raison de sa grande rigueur et de sa sainteté, ne pouvaient tolérer ceux qui étaient éloignés, souillés par les fautes de leur jeunesse et d’autres transgressions similaires, ont ainsi enseigné : « On diminue et on va en décroissant. »
Car Beit Shammaï et Beit Hillel s’accordent sur le fait qu’il faut ajouter et intensifier la lumière chaque jour suivant. En effet, le miracle de ‘Hanouka, où la lumière [de la Ménorah] brûla pendant huit jours alors qu’il n’y avait suffisamment d’huile que pour un seul jour, implique nécessairement que chaque jour suivant, le miracle était encore plus grand et prodigieux. Il est donc certain que chaque jour supplémentaire requiert une lumière plus grande encore que la veille.
Mais Beit Shammaï considèrent qu’en raison même de cet accroissement de lumière chaque jour, « on diminue progressivement » (po’hèt vé-holèkh). Car les impies et les éloignés ne sont pas dignes d’accéder à cette lumière. Cela s’apparente à ce qu’ont dit nos Sages (‘Haguiga 12a) : L’Éternel, béni soit-Il, vit que le monde n’était pas digne d’utiliser la lumière primordiale des sept jours de la Création ; Il la mit donc en réserve pour les Tsadiqim. De même, Beit Shammaï estiment que lorsque les Tsadiqim atteignent une grande lumière, celle-ci doit être voilée. Plus leur perception spirituelle s’intensifie, plus cette lumière doit être dissimulée, afin que les impies et les éloignés n’en bénéficient pas, comme mentionné plus haut. C’est cela l’idée de po’hèt vé-holèkh – diminuer progressivement.
Mais Beit Hillel, qui suivent l’enseignement de Hillel, lequel s’efforçait de rapprocher les plus éloignés, poursuivent leur logique et affirment : Mosif vé-holèkh – « On ajoute et on va en augmentant. » Car bien au contraire ! Plus les Tsadiqim attirent une lumière supplémentaire, plus celle-ci doit briller dans le monde pour éclairer tous ses habitants et rapprocher même les plus éloignés. Cette lumière doit aussi rayonner jusqu’aux plus petits et aux plus humbles, et permettre de guérir les âmes les plus gravement atteintes, à Dieu ne plaise.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 4, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
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