‘Hatsot, la Torah et le Kaddish - 7
La harpe de minuit
Article précédent : Une chaîne de lumière
XII
C’est pourquoi la sortie d’Égypte eut principalement lieu à hatsot, comme il est écrit (Exode 11:4) : « Vers minuit, Je sortirai au milieu de l’Égypte »1. En effet, l’essence même de la sortie d’Égypte se fit par le bâton de Moïse et d’Aaron, qui représentent la prière dans son aspect de rigueur, comme il est dit (Exode 7:9) : « Jette-le devant Pharaon, il deviendra un serpent... »2, ainsi qu’il a été expliqué précédemment. C’est pourquoi la sortie d’Égypte eut lieu à hatsot (au millieu de la nuit), car c’est alors que s’éveille la puissance de la prière dans son aspect de rigueur, comme mentionné plus haut.
C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 3b) : « Puisque Moïse ne savait pas quand était hatsot (minuit), comment David pouvait-il le savoir ? » Mais David avait un signe : en effet, une harpe était suspendue au-dessus de son lit, etc.
À l’époque de Moïse, la réparation de la prière dans son aspect de rigueur, mentionné plus haut, n’était pas encore totalement achevée3. C’est pourquoi l’exil subsistait encore après cela, et c’est aussi pour cette raison que Moïse ne pouvait pas encore déterminer précisément l’instant exact de hatsot, car celui-ci découle de cette forme de prière, comme il a été expliqué précédemment.
Mais David est le Machia’h4, celui qui méritera d’atteindre cette prière dans sa perfection absolue. Par cela adviendra la rédemption complète, après laquelle il n’y aura plus d’exil.
C’est précisément ce que nos Sages ont enseigné là-bas (Berakhot 3b) : « David avait une harpe suspendue au-dessus de son lit, et lorsque hatsot halayla arrivait, un vent du nord soufflait sur elle, et elle se mettait à jouer d’elle-même. »
Cela correspond à ce qui est dit (Psaumes 45:4) : « Ceins ton épée sur ton flanc, ô vaillant... »5, jusqu’au moment où « Des peuples tomberont sous toi, au cœur des ennemis du roi »6. De même, il est écrit (Psaumes 110:2) : « L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance... »7, un verset que la Torah8 mentionne en lien avec cette prière évoquée précédemment. L’essentiel de ce passage est dit à propos de David, le Machia’h, comme il est écrit (Psaumes 110:1) : « L’Éternel dit à mon Seigneur : “Assieds-toi à Ma droite, jusqu’à ce que Je fasse de tes ennemis le marchepied de tes pieds...” ». Car c’est lui qui mènera la rédemption à son achèvement parfait, puisqu’il siège à la droite de l’Éternel, jusqu’à ce que ses ennemis soient placés sous ses pieds, etc.
C’est pourquoi David percevait le moment de hatsot, qui s’éveille par le biais de cette prière mentionnée plus haut, comme il a été expliqué précédemment9.
C’est précisément ce que nos Sages ont enseigné là-bas (Berakhot 3b) : « David avait une harpe suspendue au-dessus de son lit, et lorsque hatsot halayla arrivait, un vent du nord soufflait sur elle, et elle se mettait à jouer d’elle-même. » Cela fait référence au chant sublime expliqué dans ce passage, qui découle de cette prière mentionnée plus haut, comme il est écrit là-bas. C’est pourquoi il s’éveillait précisément par le souffle du vent du nord, qui correspond à l’attribut de rigueur (gevourot)10, lié à la prière dans son aspect de jugement, mentionnée précédemment.
C’est ainsi que David savait précisément quand était hatsot, car l’essence de hatsot réside dans le réveil, qui symbolise la rédemption. En effet, l’exil est comparé au sommeil et à l’obscurité de la nuit, tandis que la rédemption est assimilée au réveil, comme il est écrit (Psaumes 78:65) : « L’Éternel s’éveilla tel un homme qui a dormi »11.
Tout cela découle de la prière dans son aspect de rigueur, mentionnée plus haut, dont la force s’éveille à hatsot halayla, comme il a été expliqué. C’est de là que se réveille également le son du chant évoqué plus haut, joué par la harpe de David, précisément par l’action du vent du nord. C’est donc précisément par ce phénomène que David savait exactement quand était hatsot, et il se levait alors pour s’adonner à l’étude de la Torah, car tout cela relève d’un même principe, comme mentionné précédemment.
(Ora’h ‘Haïm – Lois du lever du matin, Halakha 5, Liqouté Halakhot de Rabbi Nathan de Breslev)
Fin
Poursuivre la lecture : Lois de Netilat Yadaïme du matin - Loi 1




